Essaouira : lever de rideau sur la 4e édition du Festival international « L’Âme des Cultures »
Le coup d’envoi de la 4e édition du Festival international « L’Âme des Cultures » a été donné, dimanche à Bayt Dakira à Essaouira, en présence de responsables institutionnels, de diplomates et d’acteurs culturels et spirituels.
Dans une allocution de circonstance, le Conseiller du Roi et Président-Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, M. André Azoulay a souligné que « ce rendez-vous d’envergure, loin de se limiter à une célébration de la culture dans ses dimensions esthétique ou émotionnelle, incarne avec une légitimité pleine et entière la singularité du modèle marocain, lequel, sous le leadership visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, se distingue à l’échelle mondiale par l’affirmation d’une identité plurielle fondée sur la reconnaissance et la valorisation de la diversité ».
M. Azoulay a, dans ce sens, relevé que « le Maroc, et Essaouira en particulier, demeure l’un des rares espaces au monde où musulmans, juifs et chrétiens peuvent encore se retrouver dans un même lieu pour le simple acte d’être ensemble, de dialoguer et de se reconnaître, à contre-courant d’un contexte international marqué par la progression des extrémismes, l’aggravation des fractures identitaires et l’effacement, ailleurs, de la mémoire historique partagée ».
M. Azoulay a, dans la foulée, invité l’assistance à prendre la juste mesure de la portée symbolique et universelle de cette expérience marocaine singulière, faisant observer que « la capacité à faire dialoguer les mémoires, les spiritualités et les cultures ne relève ni de l’utopie ni du hasard, mais d’un choix civilisationnel assumé par le Maroc, nourri par l’histoire et porté par une Vision Royale résolument tournée vers l’avenir ».
De son côté, la Conseillère à la Culture et au Sport du Gouvernement régional d’Andalousie, Patricia del Pozo, a mis en avant « l’immense » portée symbolique du festival international « L’Âme des Cultures », assurant que le message porté depuis la Cité des Alizés dépasse largement les cadres géographiques du Maroc et de l’Andalousie.
« Aujourd’hui, il est urgent de faire rayonner l’esprit de dialogue, de diversité et de concorde incarné par cette manifestation dans un contexte mondial marqué par les incompréhensions et les tensions », a-t-elle lancé, appelant à ce que « ce message atteigne tous ceux qui peinent encore à reconnaître la voie de la coexistence ».
Mme del Pozo a, par ailleurs, affirmé la volonté des institutions andalouses de poursuivre et de renforcer leur engagement aux côtés des partenaires marocains, exprimant le souhait de voir l’Andalousie et le Maroc continuer à porter haut les valeurs du dialogue, de l’altérité et du respect mutuel.
Pour sa part, l’Ambassadeur d’Espagne au Maroc, Enrique Ojeda, s’est félicité de « l’excellence » des relations bilatérales entre l’Espagne et le Maroc, qui « traversent actuellement leur meilleur moment historique, comme l’ont confirmé les travaux de la récente réunion de haut niveau tenue à Madrid entre les deux gouvernements », soulignant le caractère stratégique de ce partenariat, tant sur les plans politique et économique que sur le plan humain.
Au-delà de ces dimensions, M. Ojeda a mis l’accent sur la portée immatérielle et culturelle du lien unissant les deux rives de la Méditerranée, estimant que « cet héritage, souvent associé à l’expérience d’Al-Andalus, ne relève pas uniquement du passé, mais constitue une référence vivante projetée vers l’avenir ».
Prenant la parole à son tour, le directeur du Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb à Rabat, Charaf Ahmimed, a rappelé qu’Essaouira constitue un modèle reconnu de diversité interculturelle, par son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, son appartenance au Réseau des villes créatives depuis 2019, ainsi que par son histoire cosmopolite marquée par la coexistence des composantes amazighe, arabo-musulmane, juive et africaine.
M. Ahmimed a, à cet égard, appelé à « dépasser la simple tolérance pour tendre vers une véritable fraternité », notant que « le dialogue interculturel ne saurait se réduire à une coexistence passive, mais constitue un processus actif fondé sur l’écoute, la reconnaissance mutuelle et la co-création ».
Dans une déclaration à la presse, le directeur du Festival « L’Âme des Cultures », Hicham Dinar, est revenu sur la genèse de cette manifestation, née en 2023 comme une expérience spirituelle et culturelle visant à approfondir la rencontre entre diverses confessions et à démontrer la capacité de l’art et de la spiritualité à bâtir des ponts entre musulmans, chrétiens et juifs.
« Le festival dépasse le cadre d’une simple célébration artistique pour s’inscrire dans un véritable parcours de réflexion et d’expérience, à travers conférences, tables rondes et expressions artistiques consacrées à l’hospitalité, au sacré partagé, aux rituels populaires et à l’artisanat », a-t-il expliqué.
Cette journée d’ouverture a également été marquée par la tenue d’une messe solennelle à l’Eglise Notre-Dame de l’Assomption d’Essaouira, en présence de l’archevêque de Rabat, Cardinal López-Romero et d’autres acteurs du champs religieux, illustrant la dimension spirituelle et interconfessionnelle portée par cette manifestation.
Par ailleurs, l’assistance a suivi une table ronde intitulée « Hospitalité méditerranéenne : une éthique et une esthétique spirituelles pour le 21e siècle », au cours de laquelle des anthropologues, des rabbins et des chercheurs ont mené une réflexion profonde autour de l’hospitalité en tant que pratique spirituelle, esthétique, sociale et anthropologique, unissant les trois religions monothéistes de la Méditerranée et constituant un chemin fécond vers la coexistence contemporaine.
Le Festival international « L’Âme des Cultures » se poursuivra jusqu’au 17 février à travers un programme riche de rencontres spirituelles, de conférences, de tables rondes et de performances artistiques, fédérant des participants des deux rives de la Méditerranée autour des valeurs de dialogue, de coexistence et de partage qui font l’ADN de la Cité des Alizés.

