Procès Daval: audience reportée à jeudi après un malaise de l’accusé

Coup de théâtre au procès de Jonathann Daval : alors qu’il était en plein interrogatoire sur le meurtre de sa femme Alexia, l’accusé a fait un malaise mercredi soir, poussant le président de la cour d’assises à suspendre les débats jusqu’à jeudi.

M. Daval, qui comparaît depuis lundi devant les assises de la Haute-Saône pour meurtre sur conjoint, était interrogé depuis environ une heure par le président de la cour Matthieu Husson lorsqu’il a blêmi et s’est évanoui dans le box.

Les deux membres de l’escorte de l’administration pénitentiaire l’ont alors évacué du box.

“Selon un premier diagnostic, il a fait un malaise vagal” mais son état de santé est “rassurant”, a indiqué à l’AFP l’avocat général, Emmanuel Dupic, selon lequel M. Daval a été placé “en observation” à l’hôpital de Vesoul pour la nuit.

Le magistrat a tablé sur une “reprise du procès (jeudi) matin sans changement”. M. Daval subira un examen médical “juste avant la reprise de l’audience pour garantir parfaitement ses conditions de santé”, a-t-il ajouté.

“Il a été immédiatement pris en charge (…) dans des conditions médicales optimum et tout a été fait pour que le procès puisse reprendre demain”, a indiqué l’un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer.

Selon lui, il était “trop tard pour faire un interrogatoire. La journée a été très dense émotionnellement”, a-t-il ajouté.

 “Excuses”

Ce malaise est survenu alors que M. Husson notamment questionnait l’accusé sur les difficultés du couple à avoir un enfant.

“Il fallait absolument qu’on ait un enfant, tout était absolument fixé sur la grossesse: l’enfant, l’enfant, l’enfant”, expliquait alors M. Daval quelques instants avant de s’évanouir.

“Pour moi, étant donné que je ne pouvais pas avoir d’érection, même avec le traitement, entendre les reproches, que j’étais pas un homme… Je m’éloignais d’elle, je fuyais la situation. Je faisais exprès de rentrer tard”, a-t-il poursuivi, avant de s’effondrer un peu plus tard dans son box.

Auparavant, M. Daval, qui s’exprimait véritablement pour la première fois depuis le début du procès, avait présenté ses “excuses” aux proches d’Alexia. “Même si c’est pas excusable ce que j’ai fait”, avait-il aussitôt ajouté, silhouette frêle et voix étranglée par l’émotion.

Quant à la soirée du meurtre, survenue la nuit du 27 au 28 octobre 2017, il avait également maintenu la version livrée en fin d’instruction : Alexia lui demande un rapport sexuel qu’il refuse. Une dispute éclate et “se termine dans l’escalier où je l’ai frappée, étranglée”.

Il a ensuite placé le corps dans son véhicule professionnel avant de le déposer le matin suivant dans un bois près de leur domicile de Gray-la-Ville (Haute-Saône).

Le corps d’Alexia Daval, une employée de banque de 29 ans, a été retrouvée deux jours plus tard. Pendant trois mois, Jonathann s’est fait passer pour un veuf éploré avant d’être interpellé en janvier 2018.

Il avait avoué le meurtre avant de se rétracter et d’inventer un complot familial, pour finalement reconnaître de nouveau les faits.

Cet informaticien de 36 ans, qui a aussi reconnu avoir incendié en partie le corps de son épouse, soutient en revanche ne jamais avoir voulu la tuer.

Auparavant, la famille d’Alexia avait défilé à la barre, livrant des dépositions extrêmement émouvantes.

 “Peine maximale”

Son père, Jean-Pierre Fouillot, a ainsi demandé d’emblée “la peine maximale” à l’encontre de son gendre qui encourt le réclusion criminelle à perpétuité.

“Notre futur, il est simple, nous avons pris perpétuité. Est-ce que ce sera le cas de Jonathann? C’est vous qui en déciderez”, a déclaré M. Fouillot, qui avec sa femme considérait son gendre comme un fils.

Lui succédant à la barre, son épouse Isabelle a exhorté l’accusé à dire enfin “la vérité” sur le meurtre de leur fille.

D’une même voix, les deux époux se sont attachés à “défendre la mémoire” de leur fille, présentée par la défense comme “écrasante” et qui aurait “humilié” Jonathann.

Alexia “était tout sauf écrasante”, a renchéri Mme Fouillot, avant de lire une carte écrite par sa fille à Jonathann Daval, dans laquelle celle-ci parlait de l’accusé comme d’un “être atypique, aussi gentil que diablotin”.

Accusé un temps par Jonathann d’avoir tué Alexia, Grégory Gay, l’époux de Stéphanie, la soeur aînée d’Alexia, a lui évoqué un “cauchemar”. “Ma vie personnelle a été extrêmement perturbée”, a-t-il confié.

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