Polluants: Renault soupçonné d’avoir installé un “dispositif frauduleux”

La répression des fraudes soupçonne Renault d’avoir installé un “dispositif frauduleux” afin de fausser des tests sur les émissions de polluants des moteurs, selon un procès-verbal du gendarme de Bercy cité par Libération mercredi.

Le constructeur automobile "a trompé les consommateurs sur les contrôles effectués et notamment le contrôle réglementaire de l’homologation sur les émissions de polluants", est-il écrit dans ce document de la Direction générale de concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) datant de novembre.

"La société a utilisé une stratégie ayant pour objectif de fausser les résultats de tests antipollution", assure la DGCCRF.

Selon Libération, le document met en lumière des écarts importants entre les performances de certains moteurs Renault au moment de leur homologation en laboratoire et leur utilisation en conditions réelles, en particulier les modèles Renault Captur et Clio IV qui dépasseraient le seuil réglementaire d’émission de dioxyde de carbone de respectivement 377 % et de 305 %.

"Ces résultats permettent de soupçonner l’installation d’un dispositif frauduleux qui modifie spécifiquement le fonctionnement du moteur, pour en réduire les émissions de NOx (oxydes d’azote, NDLR) dans des conditions spécifiques du test d’homologation, afin que les émissions respectent les limites réglementaires", conclut la DGCCRF dans son procès-verbal.

Si ces soupçons sont avérés, le constructeur français s’inscrirait dans la foulée du scandale du "dieselgate" déclenché par Volkswagen, qui a reconnu en septembre 2015 avoir équipé onze millions de ses véhicules diesel à travers le monde d’un logiciel destiné à tromper les contrôles anti-pollution.

Les conclusions de la DGCCRF ont largement contribué à l’ouverture de l’information judiciaire le 12 janvier par le parquet de Paris visant Renault pour "tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués".

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a redit début février qu’il n’y avait pas de tricherie dans le fonctionnement des moteurs du constructeur.

"Nous répétons qu’il n’y a pas de triche chez Renault, il y a des améliorations à amener en matière d’émissions dans des conditions réelles d’utilisation (que) nous nous sommes engagés à faire", avait-il dit.

Contacté par l’AFP, Renault n’avait pas réagi dans l’immédiat aux informations de Libération.

Avec afp

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