Merz accuse l’AfD de « nettoyage ethnique », le parti riposte en justice

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne a annoncé porter plainte pour diffamation contre le chancelier Friedrich Merz après qu’il eut qualifié de « nettoyage ethnique » le concept de « remigration » défendu par sa formation.

Une plainte pour « injure diffamatoire »

Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a annoncé déposer une plainte pour diffamation contre le chancelier allemand Friedrich Merz, après que celui-ci a qualifié de « nettoyage ethnique » le concept de « remigration » défendu par l’extrême droite. Stephan Brandner, responsable du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag, a jugé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans une vidéo publiée sur le réseau social X, que les propos du chancelier étaient « pénalement répréhensibles » et « totalement inacceptables », annonçant une plainte pour « injure diffamatoire ».

Une exception à l’immunité parlementaire

Les députés du Bundestag bénéficient d’une immunité parlementaire destinée à garantir l’indépendance de la chambre basse et l’exercice de leur mandat sans pression judiciaire ou exécutive. La loi prévoit toutefois une exception pour les injures diffamatoires, seul motif pour lequel des députés — dont le chancelier lui-même, également membre du Bundestag — peuvent être poursuivis pour des propos tenus dans l’hémicycle.

Les propos à l’origine de la controverse

Le chancelier Friedrich Merz avait tenu ces propos mercredi lors d’un débat au Bundestag, dans une tentative de reprendre la main après un score électoral inquiétant pour son camp. Il avait déclaré : « Le mot « remigration » n’est rien d’autre que le synonyme d’un nettoyage ethnique en fonction de l’origine et de la couleur de peau », sous les invectives des élus de l’AfD. Le chef du gouvernement s’exprimait après un discours de la coprésidente de l’AfD, Alice Weidel, qui avait regretté que les Allemands doivent « vivre au quotidien avec les conséquences de l’immigration de masse ».

Un contexte électoral tendu pour Merz

Cette passe d’armes intervient après l’élection régionale de dimanche en Saxe-Anhalt, où l’AfD, parti prorusse et anti-immigration, a recueilli près de 44% des voix, loin devant le parti conservateur (CDU) de Friedrich Merz et le ministre-président sortant, crédité de 17% des suffrages.

Une frontière judiciaire déjà tracée pour de simples citoyens

En Allemagne, la frontière entre critique politique et insulte pénale a déjà été précisée par la justice, qui a condamné deux citoyens pour des injures écrites sur les réseaux sociaux visant Friedrich Merz ou l’ancien vice-chancelier écologiste Robert Habeck.

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