L’économie marocaine devrait connaître une contraction de 6,3%

La banque centrale marocaine a révisé mardi ses prévisions de récession pour 2020, affirmant que l’économie allait se contracter de 6,3% et non de 5,2% comme elle l’avait annoncé en juin, en raison d’un “redémarrage plus lent que prévu” face à la pandémie.

Le secteur agricole devrait connaître un recul de 5,3%, le pays souffrant d’une sécheresse exceptionnelle. Les secteurs non-agricoles devraient reculer de 6,3%, notamment en raison de “la fermeture quasi-totale des frontières pour les voyageurs”, le tourisme figurant parmi les secteurs les plus touchés, selon la Bank Al-Maghrib (BAM).

Pour 2021, la BAM espère voir le PIB rebondir et prévoit une croissance de 4,7%, contre 4,2% en juin, mais souligne que les perspectives “restent entourées d’un niveau exceptionnellement élevé d’incertitudes liées notamment à l’évolution de la pandémie” de Covid-19.

Pour sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2020, la banque centrale a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 1,5%.

Pour tenter de contenir la propagation du nouveau coronavirus, les autorités ont multiplié ces derniers jours les mesures de restriction dans plusieurs villes, avec notamment un couvre-feu à Casablanca, la capitale économique du pays.

Les frontières du pays ont été fermées mi-mars, avec la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.

Aussi, les recettes du secteur touristique, un des piliers de l’économie marocaine, ont pratiquement chuté de moitié (-44,1%) sur les sept premiers mois de l’année, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).

Le taux de chômage est passé de 8,1% à 12,3% au deuxième trimestre et le taux d’activité a reculé de 45,8% à 44,8%, selon les statistiques officielles publiées par le Haut commissariat au Plan (HCP).

Avec le ralentissement mondial de l’industrie automobile, les exportations pourraient chuter de 16,6% en 2020, selon les prévisions de la BAM, avant d’augmenter de 22,4% en 2021 grâce à une reprise du secteur automobile.

Dans ces conditions, la banque centrale s’attend à voir le déficit du compte courant se creuser à 6% du PIB en 2020, au lieu de 10,3% prévu juin, et revenir à 5,2% du PIB en 2021.

L’an dernier, le Maroc avait enregistré un taux de croissance de 1,5% contre 2,7% en 2018, du fait d’une mauvaise pluviométrie. L’agriculture est le premier secteur contribuant au PIB, devant le tourisme et l’industrie.

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