L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé mardi un appel aux contributions pour un milliard de dollars afin de faire face aux urgences sanitaires et de soutenir les services de santé essentiels dans plus de 35 pays en 2026, un montant en baisse par rapport à la somme de 1,5 milliard demandée l’an dernier, dont seuls 900 millions avaient été reçus.
Cette enveloppe vise à appuyer la réponse sanitaire dans 36 zones d’urgence, notamment à Gaza et au Moyen-Orient, au Soudan, en Ukraine, en République démocratique du Congo, en Haïti et en Birmanie, a déclaré le directeur exécutif du Programme de gestion des urgences sanitaires de l’OMS, Chikwe Ihekweazu, lors d’un point de presse à Genève.
Selon M. Ihekweazu, cette révision à la baisse tient compte des contraintes budgétaires mondiales et des moyens réellement disponibles, alors que les besoins restent immenses.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que de nombreux gouvernements font face à des restrictions financières et que l’attention politique se tourne davantage vers les priorités nationales, tout en insistant sur la nécessité de ressources flexibles pour maintenir des prestations de santé vitales, prévenir les épidémies et soutenir les populations dans les contextes les plus difficiles.
L’année dernière, l’OMS est intervenue dans 50 urgences sanitaires à travers 82 pays, permettant d’aider plus de 30 millions de personnes, de soutenir plus de 8.000 établissements de santé et de déployer environ 1.500 cliniques mobiles, tout en coordonnant l’action de 1.500 partenaires et de plus de 100 équipes médicales d’urgence internationales.
La surveillance en temps réel a par ailleurs permis de détecter et de contenir plus de 450 menaces de santé publique.
L’OMS a toutefois averti que les coupes dans le financement mondial de la santé ont conduit à la fermeture ou à la réduction des activités de 6.700 centres de santé dans une vingtaine de contextes humanitaires, privant 53 millions de personnes de soins, tandis qu’environ 250 millions de personnes vivent actuellement dans des situations de crise humanitaire sans accès adéquat aux services de santé.
L’agence onusienne a également reconnu que l’année écoulée a été l’une des plus difficiles de son histoire, notamment en raison du retrait annoncé des Etats-Unis et de la baisse du soutien de plusieurs pays à l’aide internationale, même si Washington ne figurait pas parmi les principaux contributeurs au financement des réponses aux urgences sanitaires.

