Le premier tour de l’élection présidentielle, un véritable séisme qui tourne une page l’histoire de la vie politique sous la Ve république

Le premier tour de l’élection présidentielle en France tenu dimanche et marqué par l’arrivée en tête du leader du mouvement “En Marche!” et ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron et de la présidente du parti de l’extrême droite le Front national Marine Le Pen constitue un véritable séisme qui tourne une page de l’histoire de la vie politique française sous la Vème république, soulignent les principaux quotidiens paraissant ce lundi.

La presse quotidienne indique aussi que ce scrutin inédit a été aussi marqué par l’élimination pour la première fois des candidats des grands partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 1958, évoquant un effondrement aussi bien au sein de la gauche que de la droite française. Dans un éditorial intitulé "présidentielle, décomposition et recomposition", "La Croix" écrit que le premier tour de l’élection présidentielle a produit ses effets prévisibles : l’élimination des candidats des deux grands partis de gouvernement qui ont structuré la vie politique française depuis soixante ans, soulignant que ce résultat constitue un séisme dont les répliques seront durables.

L’éditorialiste estime qu’il faudra pourtant analyser comment pareil effondrement à droite et à gauche a pu se produire au terme d’une campagne trop longue et marquée par les affaires, notant qu’une recomposition politique assez radicale a débuté.

Le journal affirme aussi que les termes du débat sont clairs, faisant remarquer que le second tour opposera deux visions de l’avenir et deux projets distincts, puisque le programme de Marine Le Pen propose à la France une stratégie de repli et son corollaire de rejets massifs, alors qu’Emmanuel Macron incarne une forme de continuité si l’on s’en tient à ce qu’il a dévoilé de ses intentions.

Sous le titre "totalement inédit", "Aujourd’hui en France" relève que les deux candidats qualifiés, dimanche soir, pour le second tour de la présidentielle ne viennent ni des partis traditionnels ni des primaires de la droite et de la gauche, notant que le suspense aura duré jusqu’au bout.

"Les Français exigeaient du renouvellement : ils ont qualifié Emmanuel Macron, mais ils ont aussi exprimé leur colère et leur défiance envers les politiques et ils l’ont fait en choisissant Marine Le Pen, sans que cette présence de la candidate du FN, annoncée par les sondages, provoque l’immense émoi de 2002", poursuit le journal.

Sous le titre "Présidentielle : les leçons d’un premier tour historique", "Le Monde" écrit que la qualification d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen représente un séisme qui méritera une place spéciale dans l’histoire de la vie politique française, ajoutant qu’il est difficile de savoir, à chaud, si on parlera à l’avenir du "23 avril 2017", comme on évoque le "21 avril 2002" ou le "10 mai 1981", sans autre forme de précision, tant la date fait référence dans l’inconscient collectif français.

"En attendant que l’histoire juge, on peut déjà affirmer avec certitude que la première place décrochée par Emmanuel Macron demeurera comme l’une des percées électorales les plus spectaculaires de la Ve République", poursuit l’auteur de l’article, notant que l’accélération du temps politique ferait presque oublier que le candidat, omniprésent sur la scène médiatique depuis quelques mois, était encore inconnu du grand public il y a trois ans.

L’autre élément qui confère un caractère unique à cette soirée électorale est bien évidemment l’élimination dès le premier tour des deux grands partis de gouvernement qui se sont partagé le pouvoir depuis 1958, indique la publication.

"Victoire de Macron, succès relatif de Le Pen, chute de Fillon, percée de Mélenchon : quel pays ! Mesurons la rupture en cours", relève "Libération", faisant observer que la France, divisée depuis deux siècles entre droite et gauche, choisit un centriste néophyte auteur d’une ébouriffante cavalcade et une candidate d’extrême droite au score inférieur à ses attentes, laissant droite et gauche sur le bord de la route.

"La France, désabusée à l’égard de sa classe politique, devait voter en traînant les pieds : c’est un sursaut civique qui se produit", poursuit l’éditorialiste, soutenant que la droite a perdu une élection imperdable puisqu’elle s’est suicidée en maintenant la candidature d’un François Fillon plombé par les affaires, alors que la gauche est éliminée d’emblée car elle a joué la division jusqu’au bout et ses électeurs les plus modérés l’ont abandonnée pour Macron.

"Ainsi donc, l’imperdable a été perdu. L’impensable s’est imposé. L’impossible est advenu. La droite, qui pendant cinq ans aura étrillé les socialistes dans tous les scrutins, la droite, dont les idées et les valeurs n’ont jamais été aussi majoritaires dans les profondeurs du pays, cette droite à qui la victoire ne pouvait pas échapper a été, hier, sèchement éliminée", fait remarquer l’éditorialiste du Figaro, ajoutant qu’"alors que le désir d’alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n’a jamais été aussi puissant, elle ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l’élection présidentielle".

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