Le Maroc et la France pour un partenariat “gagnant-gagnant” tourné vers l’Afrique et complémentaire de la coopération Sud-Sud (Romain Nadal)

Alors que les relations entre la France et le Maroc restent légèrement crispées depuis l’épisode de l’irruption de sept policiers dans la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Paris pour remettre une convocation d’un juge au patron de la DGST, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, a déployé samedi à Paris, lors d’un colloque sur “Le partenariat maroco-européen comme levier développement pour l’Afrique”, toute l’étendue de son immense talent de diplomate pour rappeler l’importance stratégique du partenariat d’exception qui lie les deux pays, insistant sur les atouts de la France et du Maroc pour développer et coordonner ensemble des actions et des synergies en Afrique dans le cadre d’un partenariat « gagnant-gagnant », tourné vers le continent et complémentaire de la coopération Sud-Sud.

Dans son intervention lors de ce colloque, auquel ont pris part notamment l’ambassadeur du Maroc en France, Chakib Benmoussa, le doyen du corps diplomatique africain, Henri Lopes, ambassadeur de Congo, l’ambassadeur du Sénégal, Paul Badji, et des experts économiques, M. Nadal a mis l’accent sur la qualité de la coopération triangulaire franco-marocaine qui se développe en Afrique dans de multiples domaines, soulignant le positionnement géographique du Maroc et ses profonds prolongements africains.

« Le Maroc est un pays africain qui entretient des liens politiques historiques avec de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest », a-t-il dit, relevant que les « deux grandes tournées du Roi Mohammed VI, en mars 2013 et en février et mars derniers, en sont une nouvelle preuve » de l’engagement du Maroc en Afrique. «La Constitution de 2011 rappelle d’ailleurs dans son préambule "l’affluent africain" qui, aux côtés des affluents andalou, hébraïque et méditerranéen, a "nourri et enrichi" l’identité marocaine », a ajouté Romain Nadal.

« Loin d’être concurrents sur le continent africain, la France et le Maroc portent ensemble une vision politique commune, défendent les mêmes valeurs et les mêmes principes, et partagent une grande convergence de vues sur les grands dossiers régionaux et internationaux. », a-t-il poursuivi, indiquant que les entreprises marocaines et françaises, qui ont intérêt à cette coopération triangulaire en direction du continent, sont de plus en plus nombreuses à s’associer les unes aux autres pour se projeter vers de nouveaux marchés en Afrique.

« Le Maroc doté d’infrastructures solides avec des pôles d’excellence dans l’industrie et les services, ainsi que la priorité africaine assumée par la diplomatie marocaine ont entraîné les milieux économiques, de sorte que le Royaume est ainsi devenu le premier investisseur africain dans la zone de l’Afrique de l’Ouest et le deuxième dans tout le continent », a souligné le porte-parole du quai d’Orsay, relevant que des groupes français se sont développés en Afrique à travers leur implantation au Maroc (Wendel, Sofiproteol, Renault-Nissan, Sanofi-Aventis, Thales, Alstom, Axa).

« Le continent africain représente un relais de croissance pour nos deux économies, alors que la croissance en Europe ne reprend que graduellement et que l’intégration maghrébine est ralentie. Il n’est donc pas surprenant que le continent soit au cœur de la stratégie de développement des investisseurs français et marocains », a estimé M. Nadal pour qui, le Maroc est devenu une plate-forme économique mais également logistique (port Tanger-Med, aéroport de Casablanca) pour investir en Afrique et participer au développement du continent

«Favoriser la croissance, la création d’emploi et l’élévation du niveau de vie en Afrique représente un intérêt bien compris pour nos deux économies », a-t-il dit, tout en notant que de nombreux secteurs présentent un potentiel de développement considérable : les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, qui se sont actuellement développées au Maroc, les infrastructures et la logistique, l’agriculture et l’agro-industrie afin de favoriser la sécurité alimentaire, les services financiers, l’industrie pharmaceutique et encourager également davantage les partenariats entre PME.

Selon Romain Nadal, la coopération triangulaire entre le Maroc et la France est aussi exploré dans des domaines sectoriels très variés, qui contribuent au développement humain du continent, notamment, dans les domaines de la formation au Maroc des étudiants d’Afrique subsaharienne, du développement urbain durable, de la santé dont le royaume est devenu une référence pour les pays de la région, du changement climatique pour répondre aux besoins et aux attentes des populations africaines, et de la migration au moment où le Maroc est devenu un pays de destination pour les migrants africains et que le Roi Mohammed VI s’est mobilisé en faveur d’une nouvelle politique marocaine d’asile et d’immigration.

La France et le Maroc au service de la paix en Afrique

Outre les potentialités et les opportunités d’une coopération triangulaire plus dynamique et plus active, le porte-parole du quai d’Orsay a tenu à rappeler l’engagement de la France et du Maroc, ensemble, dans la résolution politique des crises régionales sur le continent africain où les deux pays « portent une vision politique commune ».

A ce propos, a-t-il poursuivi, la « France est reconnaissante aux autorités marocaines, au plus haut niveau, pour leur mobilisation et leur soutien lors de l’intervention au Mali », soulignant que « la présence remarquée du Roi Mohammed VI en qualité d’+invité d’honneur+ du président malien lors de sa cérémonie d’investiture en septembre dernier, ainsi que sa visite de février dernier au Mali, qualifiée d’historique, témoignent de la forte volonté des autorités marocaines de donner un nouvel élan à leurs relations avec les autorités maliennes, issues de la transition politique, dans les domaines politique et économique, mais également social et culturel ».

« La France remercie également le Maroc pour son soutien à l’intervention en République centrafricaine » et « salue l’implication des autorités marocaines dans la protection du Bureau intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA) », ainsi que pour son importante contribution aux opérations du maintien de la paix de l’ONU au sein de la MONUSCO (RCD) et l’ONUCI (Côte d’Ivoire), a-t-il souligné.

« Grâce à notre partenariat d’exception, la France et le Maroc ambitionnent de contribuer résolument à la paix, la sécurité et le développement sur le continent africain et se réunissent autour de grandes causes : le développement durable, la préservation de la planète, la lutte contre les inégalités, la démocratie, la jeunesse », a ajouté le porte-parole du quai d’Orsay.

Le colloque « Le partenariat maroco-européen comme levier développement pour l’Afrique" a été organisée par l’Association des étudiants marocains de France (AEMF).

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