Le Brésil étend ses aires protégées pour préserver la biodiversité
Le Brésil a annoncé, dimanche, l’extension de deux aires protégées dans le Pantanal ainsi que la création d’une nouvelle unité de conservation dans le Cerrado, afin de préserver la biodiversité de ses écosystèmes menacés notamment par la déforestation, les incendies et le changement climatique.
Les mesures, qui portent à plus de 148.000 hectares la superficie supplémentaire désormais placée sous protection, concernent l’agrandissement du Parc national du Pantanal Matogrossense et de la Station écologique de Taiama, dans l’État du Mato Grosso, ainsi que sur la création de la Réserve de développement durable « Córregos dos Vales do Norte de Minas », dans l’État de Minas Gerais.
Au total, plus de 104.000 hectares supplémentaires sont intégrés aux deux unités du Pantanal, l’une des plus vastes zones humides de la planète et un corridor clé pour de nombreuses espèces migratrices.
La part des zones protégées dans ce biome passe ainsi de 4,7% à 5,4%, un niveau encore jugé limité pour cet écosystème soumis à des pressions croissantes, notamment les incendies, la sécheresse et le changement climatique.
S’étendant sur plusieurs États du centre-ouest brésilien, ce biome est caractérisé par l’alternance de crues et de sécheresses, formant un écosystème dynamique offrant habitats, sites de reproduction et zones de repos à de nombreuses espèces, dont le jaguar, la loutre géante et le cerf des marais. Il est reconnu comme zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar et figure, depuis 2000, au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO.
Selon la ministre de l’Environnement, Marina Silva, cette initiative repose sur une « coopération institutionnelle fondée sur des données scientifiques », visant notamment à préserver les zones essentielles au régime des crues, déterminant pour la biodiversité locale.
De son côté, le président désigné de la COP15, Joao Paulo Capobianco, a estimé que ces décisions traduisent « un progrès significatif dans la mise en œuvre des engagements internationaux du Brésil », renforçant le rôle du pays dans la protection des habitats critiques à l’échelle mondiale.
Par ailleurs, la nouvelle réserve créée dans le Cerrado, d’une superficie de 40.800 hectares, vise à concilier préservation environnementale et développement socioéconomique. Elle englobe des zones de savane riches en ressources hydriques, souvent qualifiées de « château d’eau » du Brésil, mais menacées par la déforestation et les incendies.
Cette aire protégée entend également reconnaître les droits et les modes de vie des communautés traditionnelles locales, notamment les « geraizeiros », en garantissant un accès durable aux ressources naturelles.
Avec plus de 2.000 participants attendus, la COP15 réunira gouvernements, scientifiques, experts et société civile pour débattre de la protection des espèces migratrices et de la connectivité écologique, essentielle à la survie des écosystèmes et des communautés locales.
