La princesse Lalla Meryem et François Hollande inaugurent à l’IMA les “Splendeurs de l’écriture au Maroc, Manuscrits rares et inédits”

La princesse Lalla Meryem et le président François Hollande inaugurent ce mercredi à Paris les “Splendeurs de l’écriture au Maroc, Manuscrits rares et inédits”, une exposition qui se tient à l’Institut du Monde arabe (IMA) sous le haut patronage du roi Mohammed VI.

Dans le cadre de la participation du Maroc en tant quʼinvité dʼhonneur au Salon Livre Paris 2017 sous le thème "Maroc à livre ouvert" et sous le haut patronage du roi Mohammed VI, la Direction des Archives Royales a conçu une exposition d’écrits rares, tant par leurs sujets que pour leurs calligraphies et enluminures. Si l’on en croit Ibn Khaldoun, l’écriture est le reflet de l’organisation d’une société en même temps qu’un art qui porte témoignage du degré de civilisation d’une nation.

Cette exposition est une invitation à découvrir et à admirer un patrimoine manuscrit, legs de 14 siècles d’histoire. Composée de manuscrits rarissimes, de documents inédits, de pièces muséologiques d’une immense valeur historique et symbolique, l’exposition permet de lire et de relire les facettes de la culture marocaine. Selon une conception scénographique et esthétique, l’exposition met en lumière la quintessence de la pensée marocaine. Trois livres sacrés, très anciens et inédits, se regroupent au centre de l’exposition pour dessiner les traits d’une conviction marocaine profonde, celle du respect des croyances : – un Coran sur parchemin, rare et précieux, copie datée probablement du 3ème siècle H. / IXe s. – un Evangile traduit en arabe conservé à la Qaraouiyne et datant du XIIe siècle, l’une des pièces rares et uniques dans le monde arabe et musulman, véritable joyau ; – un Rouleau de Torah écrite sur parchemin, avec graphie en hébreu, fixée dans un support métallique rotatif, l’ensemble dans un coffret couvert en cuir de couleur rouge, chef-d’œuvre exceptionnel jamais exposé viennent tous les trois témoigner de la cohabitation et du respect des religions monothéistes au Maroc. L’exposition nous fait aussi apercevoir les fondements de l’Etat marocain, caractérisés par l’adoption d’un islam modéré basé sur le rite malékite, la doctrine achaârite, le soufisme sunnite et la Commanderie des croyants.

Porteur de valeurs universelles, le Maroc nous invite, à travers ses trésors inédits, à mieux connaître sa particularité et son identité politique et culturelle irriguée par plusieurs affluents : arabo-islamique, amazigh, saharo-hassani, africain, andalou, hébraïque et méditerranée : – Coran sur parchemin, rare et précieux, copie datée probablement du 3ème siècle H. / IXe s. ère commune pour illustrer la composante arabo-islamique – « Nayl al-ibtihaj bi-tatriz al-dibaj » de Ahmad Baba al-Timbukti as-Soudani qui témoigne de la dimension africaine – « Infāq al-maysour fī tārīẖi bilādi at-takrour », du Prince Mohammad Belo ben Otmān ben Foudī (1879- 1943) qui illustre les rapports historiques existant entre le Maroc et l’Afrique sub-saharienne – manuscrit de ben Maïmoun qui témoigne de l’affluent hébraïque L’exposition nous invite également à nous enquérir des divers courants de la pensée et des diverses disciplines scientifiques qui se sont épanouies au Maroc, telles : – la médecine et la pharmacopée avec le sixième volume du livre « Al-tasrif liman ‘ajaza ‘ani at-t’aleef » de Abū al-Qāsim Khalaf ibn Abbās al-Zahrāwī, copie écrite pour la bibliothèque du Sultan Moulay Hassan ; – les mathématiques avec « Kitāb fī A’māl Al-hissāb», de Abī Al-Abbās Ahmed ibn Otmān Al-Azdī ; – l’astronomie (« Charh Rawdat al-azhar li el-Jadiri Abderrahmane ben Abi Ghaleb Attajibi », Commentaire de Rawdat al-azhar par Abu al-Abbas Ahmed ben Mamad el-Mouassi décédé en 1505 et – la physique-chimie avec « Nihāyat al-talab fi charhi al-mūktasab fi zirā’ati ad-dahab » de Ibn Ali ben Aydmr Al-jaldakī (1342 ère commune ) ; – les sciences appliquées telles que l’architecture, l’urbanisme et l’aménagement des jardins ; – la botanique avec « Hadikat al-azhar fi charhi mahiyat al’ouchb wa al’akâr », de Qasim ben Mohamed ben Ibrahim al-wazir al-Ghasani, décédé en 1600 ; – l’agriculture avec « Kitab fi al-filaha » de Mohamed ben Ibrahim ben Bessal Al-Tolaytili décédé en 1067 ; – la gestion de l’eau avec « Hadith bayad wa riad » ; – la science vétérinaire avec « Kitab jar al-dhayl fi maarifati al-khail » de Djalâl Eddine Abderrahmane ben Abi Bakr Al-Souyoûtî et les soins apportés aux chevaux avec le Livre des soins pour les montures copie achevée en décembre 1714 et la production manufacturière avec « Kitāb Al-‘izzû wa Rīf’a wa Al-manāfi », livre sur la production manufacturière d’armes de Ibrāhīm ben Ahmed Ghānim ben Zakaria al-Andalusī décédé en 1132. D’autres livres se sont intéressés au domaine de la musique comme « Kitab fî Al-Msūsiqā Al-Andalussiyya» – copié en 1900 et à la création littéraire. Cette exposition est un voyage à travers les méandres du passé. Elle nous éclaire sur la production intellectuelle propre à chacune des étapes de l’histoire marocaine. On y trouve ainsi des manuscrits qui remontent au IXe s. , au XIIe s. ou encore au XXe s., ce qui permet une relecture de la civilisation marocaine, profondément enracinée dans l’histoire à travers notamment « Kitab al-Ibar » ou “Le Livre des exemples” d’Ibn Khaldoun ; ainsi que l’histoire de la dynastie Alaouite : « Al-Manza’ Al-lāītfī Fī At-talmīhi limafāẖri Mawlāy Ismā’īl », de Abd Rāhmān Ibn Zaydān.

La manifestation fait ressortir, en outre, les arts relatifs à la fabrication du livre, telles que la calligraphie sous ses diverses formes, les décorations et les dorures, les reliures et les enluminures. L’ensemble de ces arts révèle un haut niveau de créativité. Des objets méconnus se croisent au sein de l’exposition, éléments d’architecture, frises de céramique ou de bois, panneaux de zellige, plâtre sculpté, pièces de monnaie, qui tous apportent un nouvel éclairage sur l’empreinte de l’interaction de la production littéraire et artistique et témoignent de la rencontre de la spiritualité et de l’écriture. L’exposition nous invite enfin à assister au dialogue des civilisations à travers les trésors des bibliothèques marocaines.

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