La Corée du Nord a tiré deux “projectiles”

La Corée du Sud a annoncé que Pyongyang avait tiré jeudi deux "projectiles non identifiés" qui se sont abattus dans la mer de l’Est (aussi appelée mer du Japon, ndlr), une information confirmée par Washington qui a précisé qu’il s’agissait d’engins de "courte portée".

La Corée du Nord avait prévenu le 17 juillet que des exercices militaires imminents de Washington et Séoul pourraient avoir des répercussions sur la reprise annoncée de ses pourparlers avec les Etats-Unis, laissant entendre qu’elle pourrait revoir son moratoire sur ses essais balistiques et nucléaires.

Les Etats-Unis et la Corée du Sud effectuent des exercices militaires conjoints depuis des années, mais l’échelle en a été réduite pour faciliter le dialogue avec le Nord à la suite du premier sommet historique entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Singapour en juin 2018.

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat après l’annonce des tirs nord-coréens, un responsable américain a déclaré à l’AFP: "Je peux confirmer que c’était de courte portée".

A Séoul, l’état-major interarmes sud-coréen a indiqué que Pyongyang avait tiré le premier projectile jeudi à 05h34 heure locale et le second à 05h57 heure locale (20h34 GMT et 20h57 GMT mercredi).

Chacun des projectiles a parcouru une distance d’environ 430 kilomètres, selon l’état-major de Séoul. Les autorités sud-coréennes et américaines "sont en train d’analyser" les caractéristiques de ces deux tirs, a-t-on ajouté.

"Notre armée suit de près la situation en cas de tirs supplémentaires et se tient prête à réagir", a précisé l’état-major sud-coréen dans un communiqué.

– "Dénucléarisation totale" –

La précision sur la portée des projectiles est importante, Donald Trump ayant déclaré par le passé que des tirs d’engins de courte portée n’affecteraient pas les négociations avec Pyongyang.

"Je ne considère pas cela du tout comme une rupture dans la relation de confiance. A un certain moment, cela pourrait arriver. Mais à ce stade, non", déclarait M. Trump en mai après des tirs de missiles nord-coréens, les premiers depuis novembre 2017.

"Il s’agissait de missiles de très courte portée, quelque chose de très standard", avait-il dit.

Le mois dernier Donald Trump et Kim Jong Un sont convenus, lors d’une rencontre impromptue dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, de reprendre les discussions après des mois de blocage. Mais aucune rencontre n’a eu lieu pour l’heure entre les deux parties.

Près de 30.000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud et les exercices annuels qu’ils mènent avec des soldats sud-coréens n’ont jamais manqué de courroucer Pyongyang. Le Nord les considère comme la répétition générale d’une invasion de son territoire.

Washington exige officiellement une "dénucléarisation totale, définitive et vérifiée de la Corée du Nord" comme condition d’un allègement des sanctions qui pèsent sur Pyongyang en raison de ses programmes nucléaire et balistique interdits par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

A Singapour, MM. Trump et Kim avaient adopté un texte flou sur la "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne" et convenu de nouer des relations bilatérales d’un genre "nouveau".

Le troisième sommet entre les deux dirigeants s’est tenu dans un contexte de blocage des négociations nucléaires entre Pyongyang et Washington, un processus houleux depuis qu’il a été enclenché début 2018 grâce à l’entremise de Séoul.

Pour leur troisième tête-à-tête, Donald Trump est passé brièvement en territoire nord-coréen dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signé l’armistice à la fin de la guerre de Corée (1950-53). Il est le premier président américain à avoir foulé le sol nord-coréen.

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