Investi président, Joe Biden appelle l’Amérique à “l’unité”

Joe Biden est devenu mercredi le 46e président des Etats-Unis, lors d’une cérémonie d’investiture à laquelle n’assistait pas son prédécesseur Donald Trump, parti pour la Floride quelques heures plus tôt.

Main gauche sur la bible, main droite levée, l’ancien vice-président de Barack Obama, qui accède à la Maison Blanche à 78 ans à l’issue d’une très longue carrière politique, a prêté serment comme l’ont fait avant lui George Washington, Franklin D. Roosevelt ou encore John F. Kennedy.

“Moi Joseph Robinette Biden Jr, je jure solennellement que j’accomplirai loyalement les fonctions de président des Etats-Unis et que je ferai de mon mieux pour préserver, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis”, a-t-il déclaré, selon la formule consacrée de la prestation de serment, la main posée sur la bible familiale, face au président de la Cour suprême, John Roberts.

Dans un discours grave d’une vingtaine de minutes, celui qui est devenu à 78 ans le président le plus âgé en début de mandat a salué un “jour d’Histoire et d’espoir” pour l’Amérique, quelques heures après le départ de Donald Trump, qui a quitté Washington sans assister à ce moment historique.

“La démocratie est précieuse, la démocratie est fragile, et aujourd’hui mes amis, la démocratie l’a emporté”, a-t-il lancé, sous les applaudissements des invités triés sur le volet en raison de la pandémie.

“Je sais que les forces qui nous divisent sont profondes et réelles”, a ajouté le démocrate en multipliant les appels à “l’unité” dans cette allocution contrastant singulièrement avec celle, sombre et offensive, prononcée par son prédécesseur républicain au même endroit, sur les marches du Capitole, il y a quatre ans.

La journée restera dans les livres d’histoire aussi en raison de l’accession, pour la première fois, d’une femme à la vice-présidence de la première puissance mondiale. L’ex-sénatrice noire et d’origine indienne Kamala Harris, 56 ans, a prêté serment juste avant Joe Biden en présence de leurs époux, Jill Biden et Doug Emhoff.

Fait sans précédent depuis 150 ans, le président sortant a donc boudé la cérémonie d’investiture de son successeur.

Le 45e président de l’Histoire américaine a quitté mercredi matin la Maison Blanche sans avoir rencontré Joe Biden, auquel il n’a laissé qu’une lettre dont la teneur n’a pas été dévoilée.

Contrairement à Donald Trump, son vice-président Mike Pence et les ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton étaient, eux, aux premières loges durant ce moment fort de la démocratie américaine avec un dispositif de très haute sécurité rendant la capitale fédérale américaine méconnaissable.

Hymne chanté par Lady Gaga 

La star de la pop Lady Gaga a entonné l’hymne national, vêtue d’une robe rouge et noir bouffante et arborant une grande broche dorée représentant la colombe de la paix. Puis Jennifer Lopez a chanté “This land is your land” (“Ce pays est ton pays”).

Le démocrate accède à la présidence après un demi-siècle en présence en politique, avec l’intention de marquer dès le premier jour le contraste — sur le fond comme sur la forme — avec l’ex-homme d’affaires de New York.

Joe Biden, qui s’est posé en “président de tous les Américains”, a prévenu que les Etats-Unis, déjà endeuillés par plus de 400.000 morts en raison de la pandémie, allaient entrer dans “la phase la plus mortelle du virus”.

“Nous devons laisser de côté la politique et affronter enfin cette pandémie en tant que Nation”, a-t-il martelé, alors que son prédécesseur a constamment minimisé la crise sanitaire.

Dès mercredi, il prendra 17 décisions présidentielles pour revenir sur les mesures phares de l’ère Trump, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la santé.

Juste avant de partir, Trump a gracié 73 personnes, dont son ex-conseiller Steve Bannon.

Depuis la base militaire d’Andrews, il a seulement souhaité “bonne chance” à la nouvelle administration sans jamais prononcer le nom de Joe Biden. Il a promis de revenir “d’une manière ou d’une autre”, entretenant le flou sur ses projets.

Il est ensuite arrivé en Floride à bord d’Air Force One pour entamer dans son club de Mar-a-Lago, à 74 ans, sa vie d’ex-président.

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