“Filières bulgares clandestines” : Sofia proteste après des propos “scandaleux” de Macron

La Bulgarie a protesté contre les propos "insultants" que le président Emmanuel Macron a tenus cette semaine dans un entretien accordé à l’hebdomadaire français Valeurs actuelles sur les "filières bulgares clandestines" et le "travail détaché dissimulé", a appris l’AFP samedi auprès du gouvernement à Sofia.

"Je trouve que ce qu’a dit (M. Macron) est insultant pour la communauté bulgare là-bas", en France, a déclaré la ministre bulgare des Affaires étrangères Ekaterina Zaharieva à une chaîne de télévision bulgare samedi.

Elle "a demandé à l’ambassadeur bulgare en France Anguel Tcholakov de remettre une note de protestation au ministère français des Affaires étrangères", a dit à l’AFP un conseiller de la ministre, Ivan Dimov.

Dans un contexte de tensions entre Paris et Sofia au sujet d’une réforme du transport routier en Europe, "l’ambassadrice de France Mme Florence Robine est convoquée lundi au ministère bulgare pour des explications" concernant cette interview.

Les médias bulgares reprennent largement les déclarations du président français, présenté comme le principal instigateur d’une réforme concernant les chauffeurs routiers actuellement négociée à Bruxelles.

Au cours d’un entretien avec Valeurs actuelles, Emmanuel Macron a dit au sujet de la politique migratoire de son pays "préférer avoir de la migration légale, enregistrée, sous quotas, pendant x années, plutôt que du travail détaché dissimulé".

"Je préfère avoir des gens qui viennent de Guinée ou de Côte d’Ivoire légaux qui sont là et qui font ce travail (pour des secteurs comme le BTP et la restauration ayant besoin de main-d’oeuvre étrangère) que des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a annoncé samedi soir que le président Macron l’avait contacté pour "confirmer son soutien à la Bulgarie" et pour l’assurer que ses propos avaient été mal interprétés.

"Il m’a assuré qu’il n’avait jamais critiqué les citoyens, les travailleurs ou les institutions bulgares", a écrit M. Borissov sur Facebook.

"En tant que Premier ministre, je ne permettrai à personne d’insulter notre peuple et j’espère que de telles situations ne se répéteront pas", a conclu le chef du gouvernement bulgare.

En France, l’entretien avec Valeurs actuelles a déjà fait des vagues au sein de la classe politique. Ce magazine est considéré par l’opposition de gauche comme étant d’extrême droite.

Plusieurs pays d’Europe centrale et orientale s’opposent à la réforme du secteur européen des transports en cours de discussion.

Celle-ci vise notamment à lutter contre des pratiques illégales en imposant de nouvelles restrictions aux chauffeurs routiers détachés. Mais la Bulgarie – le pays le plus pauvre de l’Union européenne, qu’il a rejointe en 2007 – la perçoit comme une forme de protectionnisme dans le secteur routier, très important pour son économie.

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