Deux Danois blessés au cri d'”Allah Akbar” à Libreville

Deux ressortissants danois ont été blessés, dont l’un gravement, samedi à Libreville dans une attaque au couteau perpétrée par un Nigérien disant agir “en représailles à la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël”, une attaque inédite dans ce petit pays d’Afrique centrale.

Les deux hommes, en reportage au Gabon pour la chaîne National Geographic, ont été poignardés alors qu’ils faisaient des achats au "village artisanal", un lieu habituellement fréquenté par les touristes, a annoncé le ministre de la Défense à la télévision nationale, Etienne Massard.

"Selon les premiers témoignages recueillis sur place, l’auteur de l’agression, un Nigérien de 53 ans, aurait commis son acte en criant Allah Akbar (Dieu est le plus grand). Il a été interpellé sur le champ", a expliqué M. Massard.

"Résidant habituellement au Gabon depuis 19 ans", l’assaillant, "dans ses premières déclarations, a dit avoir agi en représailles aux attaques des Etats-Unis contre les musulmans et à la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël".

L’auteur des faits a été identifié comme étant nommé Arouna Adamou, selon le ministre.

Les deux victimes ont été hospitalisées dans une clinique de Libreville et l’un d’eux est dans un état grave et en soins intensifs, a précisé à l’AFP le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

"Il y aura des suites très rapidement. Nos services sont mobilisés", a-t-il assuré.

"Au regard de la gravité des faits, une enquête judiciaire a été immédiatement ouverte sous la direction du parquet de Libreville" pour savoir si cette attaque "relève d’un acte isolé ou concerté", a ajouté le ministre de la Défense, qui a appelé "les populations à rester prudentes et à éviter les amalgames".

A Copenhague, le ministère des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué que deux ressortissants danois avaient été "blessés au Gabon", sans autre information.

Aucune précision n’a été donnée sur la profession des deux victimes, dont on ignore s’ils sont journalistes ou techniciens, et leur lien exact avec la chaîne de télévision américaine National Geographic.

"Face à cet acte lâche, abominable et ignoble, le gouvernement tient à assurer les populations que le Gabon ne saurait être le théâtre d’agissements contraires à notre mode de vivre-ensemble et attentatoires à la paix sociale", a ajouté M. Massard.

"Tout sera mis en oeuvre pour que l’auteur et ses éventuels complices soient sanctionnés avec la dernière vigueur qu’autorise la loi", a-t-il conclu.

En début de soirée, quelques heures après les faits, le "village artisanal" était fermé dans un centre ville calme comme à l’ordinaire. L’endroit accueille quotidiennement des dizaines d’Occidentaux, pour la plupart des touristes de passage au Gabon. On y trouve souvenirs africains, statuettes, objets divers et autres colifichets, dans des échoppes tenues essentiellement par des ressortissants d’Afrique de l’Ouest.

Petit pays francophone d’Afrique centrale avec une population d’environ 1,8 million d’habitants, le Gabon n’avait encore jamais connu ce genre d’attaque jihadiste dirigée contre des Occidentaux, nombreux à vivre sur place. (avec afp)

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