Dans le contexte du printemps arabe, “le cas algérien peut éclater” à tout moment (Hakiki)

"Au sommet de l’Etat, c’est la panique générale, il donne, et l’Algérien ne veut plus", ajoute ce directeur du laboratoire du changement social à l’université Alger-II, en référence à la multiplication des annonces d’aides sociales faites par le pouvoir algérien pour contenir le mécontentement social.

Mais, pour M. Hakiki, "il n’y a pas d’autre solution pour s’en sortir et échapper aux mouvements de violence que de mettre en place un processus démocratique". Cela passe, explique-t-il, par "des élus choisis par les citoyens et capables de leur tenir un discours de vérité". "Mais la génération qui a accaparé le pouvoir depuis l’indépendance ne veut pas le comprendre", déplore l’universitaire algérien.

Pour le journal, "l’absence d’une opposition forte dans des pays où ont eu lieu des soulèvements, comme la Tunisie ou l’Egypte, a convaincu les autorités algériennes qu’elles n’étaient pas, elles non plus, à l’abri, mais qu’elles pouvaient utiliser la rente des hydrocarbures comme un rempart". "La chute, en Libye, du régime du colonel Kadhafi, et ses implications régionales, est venue renforcer le sentiment de l’urgence", ajoute-il.

Face à cette donne, le pouvoir "multiplie les annonces d’aides publiques, mais l’inflation annihile en grande partie leur effet". "Après avoir augmenté les salaires de nombreuses catégories professionnelles, dans des proportions défiant toute concurrence, les autorités algériennes continuent de mettre l’accent sur le pouvoir d’achat", dernière annonce en date le possible relèvement du salaire minimum fixé jusqu’ici à 1.500 dinars (150 euros). Cette mesure intervient après bien d’autres, comme "l’opération cartable", les plans d’aide à l’emploi et les programmes massifs de logement et la subvention de produits de grande consommation, rappelle le quotidien. Cette générosité de l’Etat a été dénoncé par l’ancien Premier ministre Ahmed Benbitour qui affirme que "la politique sociale n’est pas la charité".

Jusqu’ici, "la réponse du pouvoir a consisté à essayer d’améliorer l’efficacité de la répression sans violence, en désarmant les policiers, à vendre des réformes cosmétiques et à agrandir le cercle des courtisans en distribuant la rente", ajoute M. Benbitour.

"Cela fait gagner du temps, mais ne rien faire par rapport à la perte de la morale collective, à la pauvreté et à la corruption généralisée, c’est aller tout droit vers une explosion sociale", conclut-il.

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