Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a exprimé de vives inquiétudes lors d’une conférence de presse à Washington, soulignant les risques de pénurie de pétrole et de gaz en raison du conflit en cours au Moyen-Orient. Selon Birol, la situation énergétique en avril s’annonce encore plus critique que celle de mars, même si la guerre en Iran devait se terminer rapidement.
Cette déclaration a été faite à l’issue d’une réunion avec Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), et Ajay Banga, président de la Banque mondiale (BM). Les trois dirigeants se sont réunis pour coordonner leurs réponses face aux répercussions économiques du conflit iranien sur l’économie mondiale. Birol a précisé que si des cargaisons de pétrole avaient pu être livrées en mars, celles du mois d’avril sont compromises, aucune nouvelle cargaison n’ayant pu être chargée dans le Golfe depuis le début de la crise.
La conférence s’est tenue en marge des Réunions de printemps 2026 du FMI et de la BM, qui se déroulent dans un contexte géopolitique tendu. Dans son discours d’ouverture, Kristalina Georgieva a alerté sur la forte augmentation des prix de l’énergie et des ruptures d’approvisionnement, précisant que ces facteurs pourraient entraîner une insécurité alimentaire touchant au moins 45 millions de personnes dans le monde. Elle a estimé que le nombre total de personnes victimes de la faim pourrait dépasser 360 millions.
Georgieva a également évoqué une éventuelle demande d’aide financière d’urgence pouvant atteindre 50 milliards de dollars, en raison des répercussions prolongées des ruptures d’approvisionnement en pétrole.
Les Réunions de printemps 2026, centrées sur le thème “Bâtir la prospérité par les politiques publiques”, rassemblent des délégations des pays membres ainsi que des représentants de la société civile et du monde académique. Cette année, les discussions porteront sur les réponses aux mutations géopolitiques, technologiques et commerciales, ainsi que sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient.
Enfin, le FMI prévoit de publier une version actualisée de son rapport sur l’état de l’économie mondiale, qui intégrera les effets du conflit en cours. Les panels et tables rondes programmés aborderont des thématiques essentielles telles que la création d’emplois dans l’ère numérique, la finance climatique, la transition énergétique et la lutte contre la pauvreté.
