Corruption: le fils du président algérien Tebboune bénéficie d’un verdict clément et surprenant

Le fils du président algérien, Khaled Tebboune, a été miraculeusement acquitté dans une grave affaire de corruption, dans laquelle a été condamné un important homme d’affaires à huit ans de prison ferme.

Le procès de Khaled Tebboune, fils du président Abdelmadjid Tebboune, s’est achevé mercredi soir au tribunal de Sidi M’Hamed d’Alger par un verdict aussi clément que surprenant.

Poursuivi pour « trafic d’influence », « corruption » et « perception d’indus cadeaux » dans le cadre des affaires immobilières de Kamel Chikhi, dit « El Bouchi », Khaled Tebboune a bénéficié de la relaxe.

Les liens de Khaled Tebboune avec Kamel Chikhi ont valu, peu après son élection, à Abdelmadjid Tebboune le surnom de “Président cocaïne” au sein du mouvement de contestation Hirak.

L’affaire dite “des promotions immobilières” concernait l’obtention frauduleuse de permis de construire et de diverses autorisations administratives.

Kamel Chikhi a fait fortune dans l’importation de viande -d’où son surnom “El Bouchi” (“le Boucher”)- avant de se lancer dans les années 2010 dans la promotion immobilière. Il a été arrêté en juin 2018 après la saisie, au port d’Oran (350 km à l’ouest d’Alger) de 700 kg de cocaïne dans un chargement de viande importée par ses soins.

L’enquête avait fait apparaître un réseau d’obligés tissé par M. Chikhi, accusé d’avoir acheté -contre espèces ou biens immobiliers- les faveurs de hauts fonctionnaires, magistrats, dirigeants ou généraux influents au sein du régime.

Un ancien maire et le fils d’un ancien préfet ont été respectivement condamnés à six et quatre ans de prison, tandis que les deux procureurs de la République, Hadef Meslem et Youcef Sadek, ont été acquittés par le tribunal de Sidi M’hamed au même titre que le fils du président.

M. Chikhi avait été condamné à dix ans de prison en juillet dans une autre affaire pour avoir soudoyé des fonctionnaires qui lui avaient fourni des titres de propriété foncière ou immobilière. Il a fait appel.

Lors de la campagne électorale, M. Tebboune avait justifié l’incarcération de son fils par le fait qu’il se serait attaqué, lorsqu’il fut très brièvement Premier ministre en 2017 avant d’être limogé, aux “oligarques” ayant fait fortune en profitant de leurs liens privilégiés avec le clan du président d’alors Abdelaziz Bouteflika.

 

 

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