Cisjordanie: 12 pays dont la France annoncent la fin du commerce avec les colonies israéliennes
La France s’est jointe à onze autres pays occidentaux pour annoncer la fin de leurs échanges commerciaux avec les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, provoquant des menaces de représailles de plusieurs responsables israéliens.
Douze pays annoncent la fin du commerce avec les colonies
« La France va mettre fin au commerce avec les colonies israéliennes situées dans les Territoires palestiniens occupés, avec onze autres pays qui ont pris des engagements du même ordre », a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur X. Cette annonce intervient quelques minutes après la publication d’une déclaration conjointe signée par douze gouvernements: la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, la Pologne, le Portugal et la Suède.
« La Cisjordanie est au bord de l’explosion »
Le ministre français a justifié cette décision par la dégradation de la situation sur le terrain: « Parce que la Cisjordanie est au bord de l’explosion: expansion effrénée de la colonisation en violation du droit international, flambée des violences commises par les colons extrémistes à l’encontre des Palestiniens, actes de terreur dénoncés par les autorités israéliennes elles-mêmes », a-t-il écrit. Il a ajouté que cette situation « porte une atteinte grave à la dignité du peuple palestinien » et « hypothèque la sécurité d’Israël à laquelle la France est indéfectiblement attachée », tout en compromettant selon lui la solution à deux Etats.
Un rappel de l’attentat du 7 octobre
Jean-Noël Barrot a par ailleurs tenu à rappeler l’attachement de la France à la sécurité israélienne, évoquant l’attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas comme « le pire massacre antisémite depuis la Shoah », au cours duquel « plus de cinquante » ressortissants français avaient perdu la vie, une blessure qu’il a qualifiée d’« immense, indélébile » et « qu’il est interdit de minimiser ou de relativiser ». Il a appelé les autorités israéliennes à « mettre fin à la colonisation illégale et aux violences intolérables qui l’accompagnent », et a exhorté l’Union européenne à se tenir à la même exigence.
Israël menace de représailles
Avant même la publication de cette déclaration, le président israélien Isaac Herzog avait mis en garde contre des sanctions qui représenteraient « une grave erreur de calcul, et une décision qui tombera du mauvais côté de l’Histoire ». Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich a de son côté appelé la veille sur X à « chasser l’ambassadeur britannique » d’Israël. Un responsable des colons israéliens de Cisjordanie a qualifié les sanctions occidentales d’« antisémites et honteuses », dans un communiqué. Cette annonce intervient en pleine campagne électorale en Israël en vue des législatives d’octobre, marquée par un durcissement de la rhétorique de plusieurs dirigeants de la coalition au pouvoir.
Un renforcement de mesures déjà engagées
Plusieurs pays occidentaux avaient déjà pris des sanctions face à l’intensification des violences commises par les colons, en parallèle de la guerre à Gaza menée par Israël en représailles à l’attaque du 7 octobre 2023. En juin dernier, la France, l’Australie et le Canada avaient visé des entités et individus israéliens impliqués dans les violences et l’expansion des colonies, des mesures alors qualifiées de « honteuses » par Israël. L’Irlande et l’Espagne avaient également déjà pris des mesures contre les échanges avec les colonies israéliennes, la France poussant pour une décision similaire à l’échelle de l’Union européenne. Les ministres israéliens Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sont par ailleurs interdits de territoire en France et au Royaume-Uni. Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans les colonies.
