Chems-eddine Hafiz, porte-voix ou fossoyeur de l’islam de France ?

“Retenez moi ou je fais un malheur !” Cette expression populaire résume bien le caractère impulsif et le comportement erratique du recteur de la mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, qui se veut “le porte-voix de l’islam de France”.

En témoigne son annonce faite ce  mercredi via un communiqué dans lequel il déclare son “retrait définitif du bureau exécutif” du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Motif de ce nouveau courroux, une réunion du bureau du CFCM convoquée par le président de cette instance, Mohammed Moussaoui, pour désigner l’aumônier national des prisons, un poste très sensible eu égard à la lutte contre la radicalisation dans le milieu carcéral.

Cette réunion du 17 mars 2021, Chems-eddine Hafiz n’en voulait pas, tant que que les deux fédérations turques, CCMTF et Milli Görüs, siègent encore au CFCM, et la qualifie même d’attitude “illégale” et “irresponsable”. Or, toute désignation à un poste de haute responsabilité au sein de l’instance doit être validé dans le strict respect de ses statuts et de ses lois organiques. Mais qu’importe, les plans du capricieux recteur sont contrariés et il le fait savoir bruyamment.  

Choyé par le président Emmanuel Macron, engagé dans un fastidieux processus d’apaisement avec Alger, et par son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le recteur de la mosquée de Paris se sent pousser des ailes, jusqu’à vouloir imposer sa volonté et son propre agenda politique à cette instance représentative du culte musulman en France.

Celui qui a évincé brutalement son prédécesseur, Dalil Boubakeur, est un homme plein de contradictions, de dénis et de retournements. Après avoir clamé haut et fort qu’il faut radier du CFCM la composante islamiste, notamment incarnée à ses yeux par les Turcs qui ont refusé de signer la “charte des principes pour l’islam de France” du futur Conseil national des imams, le voilà qui convie à un déjeuner à la mosquée de Paris, le mardi 16 mars, le conseiller de l’ambassadeur de Turquie, ainsi que les ambassadeurs d’Egypte et surtout d’Arabie saoudite qu’il accuse sans cesse de propager le wahhabisme en France.

Me Hafiz avait juré à maintes reprises devant témoins que tant qu’il est recteur de la mosquée de Paris, aucun officiel saoudien n’en franchirait la porte. Mais est-ce réellement par rejet du wahhabisme qu’il conspue ce pays ou faut-il chercher ailleurs la véritable raison de sa charge contre Ryad ?

Enivré par un reportage dithyrambique que la chaîne TMC lui a récemment consacré, le recteur de la mosquée de Paris se rêve en “grand mufti” “diar al faranssya”, alors que la réalité du terrain est tout autre. Avec à peine 6 élus sur 44, son score réalisé lors des dernières élections du CFCM de 2020, Chems-eddine Hafiz veut régner sur l’islam en France avec le soutien des autorités françaises.

Dans l’annonce de son retrait, Me Hafiz précise que trois autres fédérations lui emboitent le pas et le soutiennent: les Musulmans de France (1 élu), ex-Union des organisations islamiques de France, appartenant à la confrérie des Frères musulmans, le Rassemblement des Musulmans de France (5 élus), proche des islamistes marocains du PJD, et la FFAIACA (0 élu).

Étrange attelage pour un défenseur d’un “islam des lumières” et adversaire autoproclamé de l’islamisme politique ! Chems-eddine Hafiz n’est sûrement pas le “porte-voix” de l’islam en France mais son fossoyeur.

 

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