Alger, l’épicentre des fake news

Le scandale qui secoue actuellement le régime et les médias algériens reflète l’ampleur de la déchéance politique que vit Alger devenu L’épicentre des fake news.

L’affaire se résume en quelques mots mais révèle une profonde faillite morale. Pour tenter de faire croire aux Algériens la viabilité économique du projet d’exploitation de fer de la mine de Gara Djebilet et faire plaisir au président Abdelmajid Tebboune qui en a fait une affaire personnelle, les médias officiels algériens ont inventé des prises de position élogieuses et des commentaires laudateurs de la part de prestigieux médias américains.

Tebboune compte beaucoup sur cette mine pour tenter de jouer un rôle économique à l’international. Or après de simples recherches, il s’avère qu’aucun média américain n’a versé dans l’éloge repris avec intensité par les médias officiels algériens. La preuve est ainsi faite que les médias d’Etat algériens sont les principaux producteurs et convoyeurs de fake news.

Même après que de nombreux influenceurs ont apporté la preuve que ces citations américaines sont de pures inventions, le régime algérien n’a aucunement reculé ou reconnu son erreur. Bien au contraire, il s’est enfermé dans une posture de dénégation qui conforte cette impression que l’Algérie est en train de vivre dans un monde parallèle, allergique à la réalité. Cette impression est accentuée lorsque les réseaux sociaux répercutent des images de certains Algériens en train de tourner autour d’une kaaba factice, aussi fake que les commentaires américains sur la mine de Gara Djebilet. Sans parler de ces informations diffusées à base de production de ChatGpt.

Cette affaire du fake news attribuée à des citations de médias américains sur une question algérienne montre un état des lieux des médias officiels de l’Algérie qui non seulement s’acoquinent au quotidien avec les mensonges comme ils le font avec leur couverture haineuse sur le Maroc, mais deviennent producteurs de fake news à l’échelle internationale.

Ce scandale sur les fake news sur Gara Djebilet intervient dans un contexte politique extrêmement tendu. Si tendu que le débat sur l’utilité économique d’exploiter le fer dans cette mine frontalière dans le contexte actuel a provoqué l’arrestation arbitraire d’un professeur universitaire, Jalloul Salam, dont le seul tort est d’avoir expliqué dans une émission de télévision algérienne que ce projet d’investissement n’est pas viable économiquement et que le fer extrait de cette mine coûterait plus cher et rapporterait moins que les sommes investies.

Cette approche purement économique et à académique a eu le tort d’entrer en collision directe avec le narratif officiel sur la mine de Gara Djebilet. Résultat : kidnapping de ce professeur en attente d’une condamnation publique. Tollé général dans la galaxie des opposants algériens qui ont vu une radicalisation extrême du régime algérien lequel poursuit tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Et ce qui a donné une gravité supplémentaire à cette affaire ce sont les informations distillées selon lesquelles Jalloul Salama serait poursuivi pour une grave accusation, intelligence avec l’ennemi en raison simplement de ses origines marocaines. Fait très grave. Non seulement le régime d’Alger se transforme à vue d’œil en pays producteur de fake news, mais il est aussi le pays qui pourchasse ses citoyens en fonction de leurs origines marocaines.

Ce ciblage des origines marocaines de citoyens algériens est un nouveau palier dans la haine contre le Maroc qui a de fortes chances de provoquer des fractures.
Ces graves développements interviennent alors qu’au sommet de l’Etat deux personnages se livrent une guerre froide sans merci. Entre le président Abdelmajid Tebboune qui aspire à prolonger son mandat à la tête de l’Algérie; démarche qui ne semble pas plaire au chef d’état-major de l’armée Saïd Shengriha dont la présence au sein de l’architecture du pouvoir algérien devient très gênante. La tension est telle que les deux hommes ne parviennent plus à cohabiter selon de nombreux analystes. Leurs récentes apparitions publiques en commun semblent artificielles et engoncées.

Leur divorce est une question de temps. Et la question qui taraude les chancelleries est la suivante : Qui le premier va limoger l’autre ? Tebboune en renvoyant à sa retraite Shengriha ? Ou Shengriha en destituant Tebboune étant donné que dans l’histoire de l’Algérie, l’armée a toujours été l’institution qui fabrique les présidents et les présidents ont toujours été la façade civile du pouvoir militaire.

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