Grèce-Turquie: Mitsotakis prône le dialogue depuis Kastellórizo

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé au dialogue avec la Turquie depuis l’île de Kastellórizo, tout en réaffirmant la détermination de la Grèce à défendre ses droits souverains, dans un contexte de tensions ravivées par la création d’un parc marin turc contesté par Athènes.

Un message de dialogue depuis une île symbolique

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a envoyé dimanche 13 septembre à la Turquie un message de « paix » et de « dialogue », tout en réaffirmant la détermination de la Grèce à défendre ses droits souverains face à son voisin, avec lequel elle entretient historiquement des relations difficiles. À l’issue d’une visite de trois jours sur la petite île de Kastellórizo, également appelée Megisti, située près de la frontière maritime gréco-turque et à proximité des côtes occidentales turques, il a assuré que « le dialogue [entre les deux pays] constitue un choix de confiance en soi et de fidélité au droit international ».

Un symbole de la frontière européenne

Kyriakos Mitsotakis s’exprimait à l’occasion des manifestations organisées ce week-end pour marquer le 83e anniversaire de la libération de l’île en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a déclaré, selon des images diffusées en direct par la télévision publique Ertnews : « Ici, à l’extrémité la plus orientale de notre patrie, les frontières de la Grèce coïncident avec celles de l’Europe », ajoutant que le message transmis par Megisti revêtait une signification particulière en tant que territoire européen, en faisant selon lui « un lieu emblématique pour exprimer notre intention d’un avenir de paix ».

Une fermeté assumée sur la souveraineté

Le chef du gouvernement grec a indiqué que son pays veillait à la sécurité de l’île, comptant moins de 600 habitants, en déclarant : « Nous ne menaçons personne. Mais nous n’acceptons ni menaces ni injonctions de quiconque », et que la Grèce était « prête à défendre » son intégrité nationale et ses droits souverains. Pour soutenir la population locale, il a annoncé un train de mesures financières, comprenant des aides et subventions pour les fonctionnaires y travaillant, ainsi que des incitations destinées à encourager d’autres citoyens grecs à s’y installer.

Un contentieux ravivé par un parc marin turc

Ces déclarations interviennent après l’annonce, en août, par la Turquie, de la création d’un « parc national marin », composé de deux aires marines protégées au large des côtes turques de Fethiye et de Kas, dans le nord de la mer Égée et au large des Dardanelles, autour d’épaves militaires de la Première Guerre mondiale. Athènes avait jugé cette initiative « illégale », estimant qu’elle concernait des zones situées au-delà des eaux territoriales turques. Le ministère grec des Affaires étrangères avait dénoncé début septembre, après une protestation formelle auprès d’Ankara, une initiative qui, selon lui, « ne contribue pas à la consolidation d’un climat de bon voisinage » et compromet gravement les efforts de compréhension réciproque entre les deux pays.

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