Cisjordanie: Israël menace de représailles, Smotrich réclame l’expulsion de l’ambassadeur britannique
Plusieurs ministres israéliens ont vivement réagi à l’annonce de sanctions commerciales occidentales visant les colonies de Cisjordanie, entre appels à l’expulsion de l’ambassadeur britannique et mises en garde du président Herzog contre une « erreur de calcul historique ».
« Une grave erreur de calcul »
Avant même la publication de la déclaration conjointe de douze pays occidentaux annonçant la fin de leur commerce avec les colonies israéliennes, le président israélien Isaac Herzog avait mis en garde contre des sanctions qui représenteraient « une grave erreur de calcul, et une décision qui tombera du mauvais côté de l’Histoire ».
Smotrich réclame l’expulsion de l’ambassadeur britannique
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé lundi sur X à « chasser l’ambassadeur britannique » d’Israël. « Expulsez l’ambassadeur britannique ce soir! Nous ne serons pas le paillasson d’un gouvernement antisémite. Le mandat britannique sur la Terre d’Israël est terminé », a-t-il écrit. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a de son côté appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahou à fermer le consulat britannique à Jérusalem-Est occupée, qui dessert la population palestinienne.
Saar menace de représailles réciproques
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a averti que « si le Royaume-Uni agit contre l’Etat d’Israël, alors l’Etat d’Israël agira contre le Royaume-Uni ». Cette annonce de sanctions intervient en pleine campagne électorale en Israël en vue des législatives d’octobre, marquée par un durcissement de la rhétorique de plusieurs dirigeants de la coalition de droite et d’extrême droite dirigée par Benjamin Netanyahou.
Washington dénonce une mesure « irrationnelle »
L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a estimé qu’imposer des sanctions serait « une décision irrationnelle », y voyant « une discrimination contre le gouvernement israélien, une discrimination contre les Juifs ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham avait informé lundi le président américain Donald Trump ainsi que plusieurs alliés régionaux des mesures envisagées, auxquelles l’administration américaine s’oppose fermement.
Un impact économique jugé limité
Sur le plan économique, l’impact de ces sanctions reste circonscrit: les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et les colonies israéliennes des territoires occupés sont évalués à environ 38 millions de livres sterling par an (44,2 millions d’euros), soit moins de 1% du commerce britannique avec Israël. Un responsable des colons israéliens de Cisjordanie a par ailleurs qualifié les sanctions occidentales d’« antisémites et honteuses », dans un communiqué.
