Réunis dans le cadre d’une conférence consacrée aux ressources humaines du secteur, ces derniers ont souligné que la pénurie ne concerne pas uniquement le nombre global de travailleurs, mais surtout des déséquilibres structurels, avec un manque marqué de profils intermédiaires et une insuffisance de formation du personnel opérationnel.
Selon les estimations de l’Union russe de l’industrie du tourisme (RST), la plus grande association professionnelle de Russie avec plus de 2.500 acteurs du secteur (agences, tour-opérateurs, hôtels), environ 200.000 postes restent non pourvus à l’échelle nationale, tandis que les besoins pourraient augmenter de plus de 300.000 spécialistes supplémentaires d’ici 2030, en raison de la croissance des infrastructures touristiques et de la hausse attendue du flux de visiteurs.
Faisant le bilan du secteur, le vice-ministre russe du Développement économique, Dmitri Vakhroukov, a souligné que l’industrie touristique emploie actuellement environ 1,8 million de personnes et regroupe plus de 50 métiers allant des fonctions opérationnelles aux postes de gestion.
« Le tourisme n’est plus une activité de niche, mais un élément important du contour économique du pays », a-t-il déclaré, précisant que plus de 320.000 étudiants sont actuellement formés dans plus de 500 établissements spécialisés.
Dans ce contexte, les autorités russes et les acteurs du secteur plaident pour une meilleure adéquation entre formation et besoins du marché, notamment à travers des dispositifs de coopération entre entreprises et établissements d’enseignement, ainsi que des structures hybrides public-privé.
Le gouvernement soutient notamment la création d’une académie internationale de l’hospitalité, présentée comme une plateforme de formation destinée à combler les déficits en compétences, en particulier dans les fonctions de management intermédiaire et les métiers opérationnels.
Le président de la RST, Ilia Umanski, a pour sa part indiqué que la pénurie touche particulièrement les métiers intermédiaires et opérationnels, représentant l’essentiel des besoins non couverts.
« Le déficit de personnel est en moyenne de 25 à 30 % dans le pays, avec des pics pouvant atteindre 40 % dans certaines régions touristiques », a-t-il affirmé, appelant à des solutions combinant politique migratoire, formation et amélioration des conditions de travail.
Le tourisme en Russie est présenté par les autorités comme un secteur en pleine transformation et en croissance rapide, porté par le développement des infrastructures, la diversification de l’offre intérieure et la hausse des déplacements domestiques. Il regroupe l’hôtellerie, la restauration, les sanatoriums, les agences de voyage et les parcs de loisirs.
