Cette étape, franchie malgré les réserves exprimées par certains Etats membres, notamment la France, a été rendue possible par la ratification de l’accord par l’Uruguay et l’Argentine, qui ont finalisé leur procédure ce jeudi.
Désormais, les entreprises de l’UE, de l’Uruguay et de l’Argentine vont pouvoir bénéficier de nouvelles règles douanières et d’autres avantages avant l’entrée en vigueur officielle de l’accord, a souligné la cheffe de l’Exécutif européen.
« Je l’avais dit: quand ils seront prêts, nous serons prêts », a affirmé Mme Von der Leyen dans une déclaration à la presse, rappelant toutefois que, conformément aux traités, l’accord ne pourra être entièrement conclu qu’après l’accord du Parlement européen.
Mme von der Leyen a souligné l’importance de ce traité qui, au-delà de l’aspect commercial, constitue un « profond engagement politique avec des partenaires qui partagent notre vision du monde et qui croient en l’ouverture et la bonne foi. »
« L’Europe devient plus forte et plus indépendante. Nos entreprises, nos travailleurs et nos citoyens en récolteront les fruits, et ils doivent donc en profiter dès que possible », a-t-elle ajouté.
Conclu au bout de 25 ans de négociations, l’accord UE-Mercosur crée une des plus grandes zones de libre-échange au monde, pesant 30% du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs.
Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines et produits agricoles, tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, de volailles, de sucre, de riz, de miel et de soja sud-américains.
Les détracteurs de l’accord craignent qu’il ne bouleverse l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses partisans, il va relancer une économie européenne en difficulté face à la concurrence chinoise et aux droits de douane des États-Unis.
Face à l’opposition de nombreux agriculteurs dans plusieurs pays, le Parlement européen a voté le 21 janvier la saisine de la Cour de justice de l’UE. Cette dernière devra maintenant vérifier si l’accord est conforme aux traités européens ou s’il doit être retoqué.
Cette saisine suspend le processus de ratification pendant un an et demi, mais la Commission européenne a le droit dans l’intervalle d’appliquer provisoirement cet accord.
