Venezuela: Maduro menace le chef du Parlement d’une sévère punition

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a menacé jeudi le président du Parlement Julio Borges, seule institution contrôlée par l’opposition, d’une sévère punition après sa tournée auprès de plusieurs dirigeants européens.

"Cela m’est égal ce que dit (la chancelière allemande Angela) Merkel ou la reine d’Angleterre, au Venezuela il faut la justice. Ici on ne dirige pas l’Etat depuis Londres, ni depuis Madrid, ni depuis Washington (…). Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, mais au Venezuela il faut une justice sévère", a-t-il lancé devant les membres de l’Assemblée constituante.

Critiquant la tournée de M. Borges en France, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni, qui s’est achevée jeudi, M. Maduro a exigé qu’il soit jugé pour "trahison à la patrie", un délit puni par 20 à 30 ans de prison.

"Ici personne n’est intouchable, que les impérialistes du nord (les Etats-Unis, ndlr) et de l’Europe le sachent. J’attends une réponse de la justice pour la paix, la souveraineté, et non l’impunité", a déclaré le dirigeant socialiste, confronté à une vague de contestation.

M. Borges a été reçu par le président français Emmanuel Macron lundi, par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy mardi, et par Mme Merkel mercredi, avant de s’entretenir jeudi avec la Première ministre britannique Theresa May.

Depuis l’installation le 4 août de la Constituante, décriée par une grande partie de la communauté internationale, les mesures judiciaires se sont intensifiées contre les dirigeants de l’opposition, certains décidant de quitter le pays.

Une "commission de la vérité" au sein de cette Assemblée enquête sur plusieurs de ces dirigeants pour "trahison à la patrie".

Et les prérogatives du Parlement ont été confisquées par la Constituante.

M. Maduro a accusé M. Borges de promouvoir un "blocus économique" (embargo) du Venezuela , aux côtés du président américain Donald Trump, qui a récemment infligé des sanctions financières au gouvernement.

"Trump et Borges se sont unis pour une croisade mondiale (…) contre l’économie du Venezuela, l’oxygène financier, économique et commercial du pays", a affirmé le président Maduro, qui accuse Washington de vouloir fomenter un coup d’Etat pour accaparer les réserves pétrolières de Caracas.

AFP

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