Trump et Biden décochent leurs dernières flèches à la veille d’un scrutin historique

« Bidon »: Donald Trump a balayé lundi les sondages qui le placent derrière son rival Joe Biden, affichant sa confiance à la veille d’un scrutin aux allures de référendum sur ce président hors norme.

Après quatre années tumultueuses, les Etats-Unis « en ont assez du chaos », déclarait au même moment son adversaire démocrate, qui dit se battre pour restaurer l' »âme » de l’Amérique.

Les deux septuagénaires, que tout oppose, jetaient lundi leurs dernières forces dans la bataille après une campagne bouleversée par la pandémie de coronavirus et une grande crispation de leurs partisans.

« Demain, nous allons gagner quatre ans de plus à la Maison Blanche », a lancé Donald Trump devant des partisans réunis à Fayetteville en Caroline du Nord, pour le premier de cinq meetings en cette ultime journée de campagne.

Dans un registre bien huilé, il a accusé son adversaire d’être un « criminel », mis en cause son acuité intellectuelle, critiqué les médias, les réseaux sociaux, la « gauche radicale », une « classe politique arrogante »…

« Nous en avons assez des tweets, de la colère, de la haine, de l’échec et de l’irresponsabilité », a rétorqué Joe Biden, à Cleveland dans l’Ohio. « Il est temps pour Donald Trump de faire ses valises et de rentrer chez lui », a-t-il tonné.

 

 Vitrines barricadées

 

Si Donald Trump perd l’élection, il serait le premier président à ne pas être réélu pour un second mandat depuis plus d’un quart de siècle, une humiliation qu’il pourrait avoir du mal à avaler.

Le président entretient le flou sur la position qu’il adoptera en cas de défaite, ce qui suscite l’anxiété dans le pays.

Interrogé sur la possibilité, évoquée par des médias, qu’il se déclare vainqueur dès mardi soir si les résultats sont indécis, Donald Trump a catégoriquement démenti. « Non, non, c’est une fausse information », a-t-il affirmé dimanche.

« Dès que l’élection sera terminée, nos avocats seront prêts », a-t-il cependant pris soin d’ajouter, laissant entrevoir la possibilité d’une longue bataille judiciaire.

Signe de la tension qui règne à l’issue d’une campagne d’une agressivité inouïe, des commerces dans plusieurs villes américaines, dont New York et Washington, se barricadaient par crainte de manifestations violentes.

 

 « Virer Trump »

 

Après la Caroline du Nord, Donald Trump doit enchaîner des meetings en Pennsylvanie, dans le Michigan et le Wisconsin avec un dernier acte à Grand Rapids (Michigan), comme en 2016.

Un mois après son infection au Covid-19, le président ne montre aucun signe de fatigue et sillonne le pays dans l’espoir de faire mentir les sondages et sidérer le monde, comme il y a quatre ans.

Joe Biden se concentre lundi essentiellement sur l’Etat-clé de Pennsylvanie, qu’il espère faire basculer pour s’ouvrir enfin les portes de la Maison Blanche, après deux tentatives infructueuses.

En 2016, Donald Trump a gagné cet Etat du nord-est avec une avance de seulement 44.000 voix, a-t-il rappelé dimanche. « Chaque vote compte! ».

A 77 ans, le démocrate a mené une campagne discrète, mettant un point d’honneur à respecter scrupuleusement les consignes des autorités sanitaires pour éviter de propager le Covid-19, qui a fait plus de 230.000 morts aux Etats-Unis.

Lundi, il a encore une fois pris le contrepied du président républicain qui a laissé entendre qu’il pourrait limoger l’immunologue respecté Anthony Fauci, de plus en plus critique envers la stratégie gouvernementale.

« J’ai une meilleure idée », a dit Joe Biden. « Elisez-moi et je vais embaucher le Dr Fauci et virer Donald Trump! »

 

 La voix d’Obama

 

Selon le New York Times, Donald Trump a l’intention d’organiser mardi une soirée élections dans les salons de la Maison Blanche et envisagerait d’accueillir jusqu’à 400 invités.

Joe Biden s’adressera lui à la nation depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware.

Les derniers sondages placent le démocrate confortablement en tête dans plusieurs Etats décisifs remportés par le républicain en 2016, comme le Wisconsin et le Michigan, mais sa marge est un peu plus étroite en Pennsylvanie et les deux candidats sont même au coude-à-coude en Floride.

Et les observateurs répètent leurs appels à la prudence, pointant le scrutin de 2016, où Donald Trump avait créé l’une des plus grandes surprises de l’histoire politique américaine en battant Hillary Clinton.

Singularité du système américain: ce sont les grands électeurs, et non le vote populaire, qui font l’élection. En 2016, Donald Trump avait recueilli près de trois millions de voix de moins qu’Hillary Clinton, mais avait remporté la majorité des 538 grands électeurs.

Plus de 96 millions d’Américains ont déjà voté à la présidentielle, laissant présager d’une participation record.

L’ancien président Barack Obama, très présent dans cette dernière ligne droite, se rendra lundi à Atlanta, en Géorgie, et à Miami, en Floride, pour soutenir la candidature de celui qui fut son vice-président pendant huit ans.

Depuis deux semaines, il appelle à ne pas répéter les erreurs de 2016.

« Beaucoup de gens sont restés chez eux, ont été flemmards et complaisants. Pas cette fois! Pas lors de cette élection! ».

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