Strasbourg : un bébé sauvé in utero d’une tumeur vasculaire rare, « une première mondiale »
Un bébé atteint d’une tumeur vasculaire rare et potentiellement mortelle a été sauvé grâce à un traitement administré à sa mère avant sa naissance à Strasbourg, une « première mondiale », ont annoncé les équipes médicales alsaciennes, citées par des médias.
Face à l’évolution rapide de la lésion et à l’aggravation des paramètres biologiques, une prise en charge exceptionnelle a été décidée en concertation avec le Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal des Hôpitaux universitaires de Strasbourg et le Centre de référence des anomalies vasculaires superficielles des Hospices Civils de Lyon, dirigé par le Pr Laurent Guibaud.
Le traitement retenu, le Sirolimus, est un médicament à visée anti-angiogénique utilisé notamment dans certaines anomalies vasculaires complexes. Administré par voie orale à la mère durant les cinq dernières semaines de grossesse, il a traversé la barrière placentaire pour atteindre le fœtus.
Selon les médecins, cette stratégie n’avait jusqu’alors jamais été mise en œuvre avant la naissance pour ce type précis de tumeur.
« C’était le seul moyen de tenter de stabiliser la situation avant l’accouchement », ont indiqué les praticiens, soulignant que l’objectif était de freiner la prolifération vasculaire et de corriger la thrombopénie menaçant la vie de l’enfant.
Le nourrisson, aujourd’hui âgé de trois mois, est né par césarienne à 39 semaines d’aménorrhée à Strasbourg. À la naissance, la tumeur avait été stabilisée et l’enfant n’a pas nécessité d’intubation respiratoire. Après une prise en charge en néonatalogie, il a pu regagner le domicile familial. Il bénéficie d’un suivi régulier et d’un traitement poursuivi au Sirolimus, d’après la même source, faisant savoir que l’enfant présente aujourd’hui un développement jugé satisfaisant.
Pour les spécialistes, cette prise en charge pourrait ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour d’autres fœtus atteints d’anomalies vasculaires sévères diagnostiquées avant la naissance, même si des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer la reproductibilité, les modalités optimales d’administration et la sécurité à long terme de ce traitement anténatal.

