Espagne : le Parquet saisi pour enquêter sur les violences numériques visant les mineurs
Adoptée en Conseil des ministres, cette décision s’appuie sur un rapport technique conjoint élaboré par les ministères de la Présidence et de la Justice, de la Transformation numérique ainsi que de la Jeunesse et de l’Enfance, indique un communiqué de la présidence du gouvernement.
« Nous ne pouvons tolérer que les algorithmes servent à amplifier ou à protéger ce type de délits », a déclaré la ministre porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, lors d’un point de presse à l’issue de la réunion, soulignant que « la sécurité, l’image, l’intimité et la liberté » des enfants sont directement menacées par la montée de ces nouvelles formes de criminalité numérique.
Le rapport met notamment en garde contre la prolifération des « deepfakes » et la manipulation d’images authentiques, des pratiques en forte expansion. Il souligne également la responsabilité potentielle des plateformes numériques, dont l’opacité des algorithmes et la rapidité de diffusion favorisent la propagation, voire la monétisation, de contenus préjudiciables, tout en compliquant leur identification et leur retrait.
Dans ce contexte, le ministère de la Justice a transmis une requête formelle au ministère public « en défense de l’intérêt public et de la dignité de l’enfance », afin qu’il examine les faits, engage les poursuites appropriées et établisse des critères d’intervention permettant aux victimes et à leurs représentants légaux de faire valoir leurs droits.
Selon l’ONG Save the Children, près d’un tiers des jeunes en Espagne déclarent avoir subi des formes de harcèlement numérique durant leur enfance.
Avec cette initiative, l’Espagne s’inscrit dans une dynamique européenne plus large visant à renforcer la protection des mineurs en ligne, à l’instar de la France et de l’Italie, qui ont récemment renforcé leurs dispositifs juridiques en la matière.

