“Séparatismes”: la loi “n’entrera jamais en application”, prédit Jacob (LR)

La loi destinée à lutter contre le séparatisme et l’islam radical “n’entrera jamais en application”, a estimé le président des Républicains Christian Jacob, qui a déploré lundi auprès de Gérald Darmanin la faible place de l’immigration dans le projet.

Le ministre de l’Intérieur, qui s’est entretenu par visio-conférence avec M. Jacob dans l’après-midi, compte envoyer le texte au conseil d’Etat “mi-novembre” pour qu’il soit à l’ordre du jour de l’Assemblée “fin janvier 2021”, a rappelé le patron de LR.

“Cela veut dire que le temps de la navette parlementaire, on sera sur un texte tout juste adopté à la fin de l’année (2021, NDLR), et qui à mon avis ne rentrera jamais en application, le temps qu’il y ait les décrets d’application, avec la campagne présidentielle qui va démarrer”, a-t-il affirmé à l’AFP.

Lors de cet entretien M. Darmanin a rappelé qu’il y aurait dans le texte des mesures visant “à renforcer la neutralité dans les services publics” et “pour les associations”, ainsi qu’un “renforcement des contrôles pour les écoles hors contrat” et pour les associations cultuelles “une incitation à basculer de la loi de 1901 à 1905”.

Mais “il n’y a rien sur l’immigration”, a déploré M. Jacob, qui avait à ses côtés la vice-présidente LR de l’Assemblée nationale Annie Genevard et la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio.

“Pourquoi avoir peur de parler de la réforme du droit d’asile, de l’explosion des titres de séjour ou des mineurs isolés, de la fermeture des lieux de cultes tenus par des salafistes ou les frères musulmans? Quand on aborde le sujet du séparatisme, cela doit être posé” sinon “on n’aborde pas le fond des choses”, a-t-il ajouté.

“On n’a senti que des portes fermées”, a pour sa part affirmé Mme Genevard qui a déploré auprès du ministre un projet “en retrait” du discours d’Emmanuel Macron sur le sujet, le 2 octobre.

M. Jacob a ajouté que M. Darmanin ne lui avait remis aucune ébauche de texte mais avait évoqué de le revoir “vraisemblablement dans un mois avec un texte”.

La future loi “contre les séparatismes”, qui vise principalement l’islamisme radical, pourrait être rebaptisée “loi renforçant la laïcité”, une manière pour l’exécutif d’afficher sa neutralité politique et religieuse face aux critiques d’associations et des extrêmes de gauche et de droite.

Le ministre de l’Intérieur s’est également entretenu par visioconférence lundi soir avec le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui a insisté sur “l’interdiction des financements étrangers” des lieux de culte et a proposé comme en 2017 que prêtres, rabbins, et imams “prêtent serment à la République”.

Le candidat à la présidentielle a aussi fait part d’une proposition de loi visant à pénaliser la “prédication subversive”, et a demandé de “diminuer drastiquement les flux migratoires”.

Selon le député, une ébauche de texte devrait être envoyée aux partis dans 15 jours.

Le projet “est construit, il y a des mesures positives mais il a 20 ans de retard” et “ne correspond pas du tout à l’état de gangrène qu’il y a”, a estimé auprès de l’AFP M. Dupont-Aignan.

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