La Corée du Nord acte la fin de la réunification dans sa nouvelle Constitution.
La République Populaire Démocratique de Corée a franchi une étape historique en supprimant officiellement toute référence à une future réunification de la péninsule de sa Constitution révisée. Ce changement sémantique et juridique consacre la vision de Kim Jong Un, définissant désormais le Sud comme un État hostile et distinct.
Le divorce idéologique entre le Nord et le Sud est désormais gravé dans le marbre constitutionnel. La République Populaire Démocratique de Corée abandonne officiellement toute référence à une future réunification de la péninsule coréenne dans sa Constitution révisée. Jusqu’à aujourd’hui, les deux Corées revendiquaient chacune le territoire de l’autre, se considérant mutuellement comme des entités illégitimes occupant une partie de la nation. Désormais, Pyongyang renonce à cette fiction juridique pour adopter une posture de rupture totale.
Ce virage n’est pas une surprise pour les observateurs, étant l’aboutissement d’une stratégie de démantèlement amorcée par le leader nord-coréen depuis quelques années. Déjà en 2023, Kim Jong Un déclarait que la réunification était devenue impossible, invoquant l’incompatibilité des systèmes et l’hostilité de Séoul. Ce rejet de l’héritage de ses prédécesseurs s’est manifesté en 2024 avec la démolition de l’Arche de la Réunification à Pyongyang, monument construit en 2001 qui symbolisait pourtant l’espoir d’une réconciliation nationale.
À l’inverse, Séoul maintient pour l’instant une position asymétrique. Seule la République de Corée maintient encore cette revendication constitutionnelle sur l’ensemble de la péninsule, bien qu’elle ait conscience qu’une absorption est illusoire et qu’une coexistence pacifique est la marche à suivre. De l’autre côté de la zone démilitarisée (DMZ), le Ministère de l’Unification sud-coréen existe encore et toujours, témoignant de la persistance de cet idéal de réunification, même si celui-ci semble plus éloigné que jamais.
Cette révision constitutionnelle à Pyongyang transforme radicalement la nature du conflit. En ne considérant plus les Sud-Coréens comme des « compatriotes à libérer » mais comme les citoyens d’un État étranger belligérant, la République Populaire Démocratique de Corée lève les derniers freins idéologiques à une confrontation armée classique. Ce nouveau paradigme des « deux États » simplifie la rhétorique guerrière du Nord, tout en isolant davantage la population nord-coréenne de toute influence culturelle ou politique venue du Sud.
