Lufthansa supprime 22.000 emplois

 L’impact de la pandémie de coronavirus continue de déstabiliser le secteur aérien: le numéro 1 européen Lufthansa a annoncé jeudi la suppression de 22.000 emplois, soit 16% de ses effectifs mondiaux.

Plombé par la chute du trafic aérien mondial causée par la pandémie de coronavirus, Lufthansa va fortement réduire la voilure, alors que la reprise du transport ne s’opère que très lentement dans le monde.

“Nous allons avoir 22.000 postes équivalent temps plein en moins au sein du groupe Lufthansa, dont la moitié en Allemagne”, a ainsi indiqué le groupe jeudi à l’AFP.

Le transporteur allemand assure toutefois vouloir éviter, “dans la mesure du possible”, des licenciements secs, grâce à des mesures de “chômage partiel” et des accords avec les syndicats.

La direction a ainsi revu ses propres estimations à la hausse: début juin, le patron de Lufthansa, Carsten Spohr, avait estimé à seulement 10.000 le nombre d’employés en trop.

Lufthansa, qui détient également les compagnies européennes SWISS, Austrian, Brussel Airlines et Eurowings, compte 135.000 salariés dans le monde.

Comme pour l’ensemble du secteur aérien, la pandémie de coronavirus a eu un grave impact sur l’activité de Lufthansa.

Au plus fort de la crise, le groupe n’offrait que 3% du nombre habituel de sièges sur ses vols, proposant ainsi le même nombre de liaisons que dans les années 50.

700 avions, sur les 763 détenus par le groupe, ont été cloués au sol au pic de la pandémie, tandis que le nombre de passagers s’est effondré de 98% en avril sur un an.

La crise a coûté à Lufthansa une perte nette jamais vue de 2,1 milliards d’euros au premier trimestre 2020.

Ces suppressions d’emplois s’inscrivent dans un plan de restructuration, annoncé début juin par la direction du groupe, et qui suscite la polémique dans le pays.

Pour éviter la faillite, Lufthansa a en effet reçu 9 milliards d’euros d’aides publiques et de crédits garantis par l’Etat allemand, moyennant une entrée de Berlin au capital à hauteur de 20%. L’Etat devient ainsi le principal actionnaire du groupe, mais il a renoncé à intervenir dans la gestion de l’entreprise.

Du coup, Berlin se voit à présent accusé de co-financer les coupes claires dans les effectifs.

“Neuf milliards d’euros pour une entreprise qui en vaut 4 milliards (en Bourse), tout en renonçant à avoir son mot à dire sur les décisions prises: lorsque Lufthansa annonce supprimer 22.000 postes, le gouvernement fédéral est responsable!”, s’est ainsi indigné sur Twitter le chef du parti Die Linke (gauche radicale), Bernd Riexinger.

“Sans une réduction significative des coûts de personnels pendant la crise, nous gâcherons la possibilité d’un meilleur redémarrage, et risquons d’affaiblir Lufthansa”, justifie Michael Niggemann, responsable des ressources humaines au conseil exécutif du groupe.

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