Londres et Singapour signent un accord de libre-échange à l’approche du Brexit

Londres et Singapour ont signé jeudi un accord de libre-échange au moment où les espoirs d’un compromis avec l’Union européenne sur le Brexit s’amenuisent.

Le document a été signé à Singapour par les ministres du Commerce des deux pays, a constaté un journaliste de l’AFP, et portera sur des échanges de 22 milliards de dollars par an.

Cet accord avec la cité-Etat,  plateforme financière et commerciale majeure, devrait fournir au Royaume-Uni un appui important en Asie alors que le pays négocie sa sortie de l’Union européenne.

Londres a signé son premier accord commercial bilatéral majeur post-Brexit avec le Japon en octobre. Mais cet accord est le premier avec un pays membre de l’Asean, l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est qui compte 10 membres et quelque 650 millions d’habitants.

La ministre britannique du Commerce international Liz Truss a salué le leadership de Singapour en faveur du libre-échange, après avoir signé cet accord avec l’ancienne colonie britannique qui cultive des liens étroits avec Londres.

 

 “Nation commercialement indépendante”

 

“A présent que le Royaume-Uni est redevenu une nation commercialement indépendante, nous sommes libres de rejoindre cette campagne” pour le libre-échange, a-t-elle indiqué.

“Singapour est le principal partenaire commercial et d’investissements du Royaume Uni en Asean, tandis que le Royaume-Uni est la première destination des investissements singapouriens en Europe”, a-t-elle souligné.

Cet accord “apporte aux entreprises britanniques une plateforme pour accéder aux opportunités dans la région via Singapour”, a observé de son côté le ministre singapourien du Commerce Chan Chun Sing.

Dans le détail, l’accord prévoit la suppression de droits de douane, ouvre un accès réciproque aux marchés des services et réduit les barrières non tarifaires sur les biens électroniques, les véhicules et pièces de rechange, les produits pharmaceutiques et appareils médicaux, ainsi que sur la production d’énergie renouvelable.

Les droits de douanes devraient être éliminés en 2024, à la même échéance que pour l’accord entre l’UE et Singapour.

L’accord signé jeudi a été conçu sur le modèle d’un accord existant entre l’UE et Singapour.

Les accords qui reprennent l’accord de libre-échange de l’UE avec ses partenaires sont plus rapides que d’autres à mettre en place car “ils reproduisent les engagements et les textes”, a déclaré à l’AFP Deborah Elms, directrice générale du Centre asiatique pour le commerce à Singapour.

Selon elle, la partie de l’accord ayant demandé le plus de travail porte sur les services financiers, Londres et Singapour étant des centres majeurs dans ce secteur.

“Singapour craint de permettre à trop d’opérateurs de services financiers d’être présents sur ce qui est finalement un petit marché”, a-t-elle souligné.

 

 Accord transpacifique

 

Cet accord marque aussi pour Londres un pas vers l’adhésion à l’accord de libre-échange transpacifique dont Singapour est l’un des onze membres.

Ce partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) est la nouvelle version du pacte de libre-échange transpacifique (TPP) qui avait été abandonné par Donald Trump.

Singapour soutiendra début 2021 une demande d’adhésion britannique, a dit M. Chan.

L’adhésion potentielle de la Grande-Bretagne au CPTPP constituerait un pas majeur pour Londres, estime Mme Elms. “Le Royaume-Uni doit clairement consolider ses relations commerciales à la suite du Brexit”.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se sont donné jusqu’à dimanche pour prendre une décision sur les négociations d’un accord sur le Brexit, qui sont dans l’impasse.

Le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier, abandonnera définitivement le marché unique et l’union douanière le 31 décembre.

Sans accord commercial à cette date, les échanges entre Londres et l’UE se feront selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.

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