La migration est devenue une question centrale des agendas mondiaux pour le développement durable (Guerraoui)

La migration est devenue une question centrale des agendas mondiaux pour le développement durable, le climat, le respect des droits humains, le vivre-ensemble, la cohésion sociale, la paix, la stabilité et la prospérité des Nations, a affirmé, jeudi à Lisbonne, le président du Conseil de la concurrence, M. Driss Guerraoui, lors d’une conférence intitulée “La question migratoire au 21ème siècle. Regards Africains”.

Lors de cette conférence, qui a eu lieu au siège de l’Académie des Sciences, en présence de l’ambassadeur du Maroc au Portugal, Othmane Bahnini, du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Luso-marocaine au Portugal, Tawfiq Rkibi, du président de l’Institut luso-arabe pour la coopération, Manuel Pechirra, et de membres de l’Académie, M. Guerraoui a indiqué que les mouvements migratoires sont en train de changer radicalement de visages en cette décade du 21ème siècle.

"Nous sommes face à des migrations de plus en plus massives, qui s’opèrent sur la base de groupes organisés, portés par des filières biens structurées et qui touchent toutes les catégories de la société, les pauvres et les riches, les qualifiés et les non-qualifiés, tous les âges, tous les sexes, les urbains comme les ruraux", a-t-il expliqué.

Il s’agit de migrations de plus en plus composites, dues à des raisons à la fois économiques et sociales, mais aussi à des raisons politiques, religieuses, climatiques, ethniques ou celles liées à des situations de guerre, a ajouté M. Guerraoui, membre de l’Académie des Sciences du Portugal.

En Afrique, les enjeux majeurs de la question migratoire ont trait aux dimensions de la gouvernance des flux migratoires et du quotidien des migrants, a-t-il poursuivi, notant qu’il s’agit de la protection des droits humains fondamentaux des migrants, de la régulation positive des impacts du changement climatique sur les mouvements des populations et de la sécurité globale dans le continent.

Il a appelé à faire du respect des droits humains fondamentaux des migrants une partie intégrante des constitutions nationales des pays, relevant que cette constitutionnalisation représente un horizon institutionnel appelé à consacrer par la loi fondamentale des Nations les droits humains essentiels des migrants.

L’enjeu majeur de la nouvelle question migratoire pour l’Afrique a trait aux impacts divers des changements climatiques sur les configurations présentes et futures des mouvements migratoires dans le continent, a fait savoir l’académicien.

Par ailleurs, le Président de l’université ouverte de Dakhla a indiqué qu’il y aurait en 2050, selon l’Organisation mondiale des migrations, près de 200 millions de migrants climatiques dans le monde, et sur 100 personnes 45 quitteront leurs terres d’origine à cause des impacts des changements climatiques.

L’Afrique aura ainsi à relever 4 défis majeurs: un défi de la connaissance de la nouvelle donne migratoire africaine, un défi de gouvernance des mouvements migratoires dans le continent, un défi d’ordre stratégique et un autre de nature sociale.

Au-delà de ce regard africain, le monde ne peut pas rester insensible au défi planétaire que constitue la question migratoire, a-t-il recommandé, soulignant que les académiciens, les scientifiques, les intellectuels, les élites politiques et les acteurs des sociétés civiles des pays ont une responsabilité et un rôle crucial à jouer dans ce domaine essentiel pour la condition humaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite