La France juge comme “option la plus probable” l’arrêt des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique

Le gouvernement français a jugé comme "option la plus probable" l’arrêt des négociations sur le traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, après la publication par Greenpeace de documents prouvant l’étendue des conséquences néfastes de ce traité sur la santé et l’environnement.

Dans une déclaration mardi sur radio Europe 1, le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur Matthias Fekl, a rappelé avoir dénoncé, il y a une année, l’attitude des Etats-Unis, qui fait peu de cas du principe de réciprocité, notant que l’Europe propose beaucoup et reçoit très peu en échange de Washington.

Pour M. Fekl, cet accord n’était aujourd’hui "absolument pas acceptable en l’état". "C’est un accord qui, tel qu’il serait aujourd’hui, serait un mauvais accord", a-t-il insisté. Il a également fait savoir que Paris ne se laisserait pas imposer un traité contre sa volonté.

"Il ne peut pas y avoir d’accord sans la France, et encore moins contre la France", a-t-il affirmé, énumérant certaines conditions pour trouver un terrain d’entente avec les Etats-Unis, notamment l’accès des PME européennes au marché américain et la défense de l’agriculture.

Par ailleurs, le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur a mis l’accent sur le respect des normes environnementales, estimant que la France, qui a organisé en décembre dernier la COP 21, ne peut signer, quelques mois après, un accord qui va à l’encontre des principes défendus par cette conférence.

"Le commerce n’est pas un but en soi, c’est un outil", a-t-il insisté, se disant convaincu que les Américains ne veulent pas entendre parler du principe de précaution, défendu par les Européens.

Greenpeace a publié lundi des documents confidentiels sur les négociations du traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, qui renforcent, selon les ONG, la crainte que cet accord commercial conduise à une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises.

Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013, cet accord appelé "Tafta", vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d’autre de l’Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l’activité économique.

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