La controverse s’intensifie en Grande-Bretagne au sujet des limites de l’intervention occidentale en Libye

La controverse semble s’intensifier en Libye au sujet des limites de l’intervention occidentale en Libye destinée, selon les termes de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu, à “protéger les civils” contre les attaques des forces du dirigeant libyen le colonel Mouammar Kadhafi.

Si le gouvernement du Premier ministre David Cameron commence à brandir la menace d’une intervention terrestre pour faire la différence dans ce conflit, les avocats du gouvernement britannique sont montés au créneau pour appeler à une clarification de la mission occidentale, au sein de laquelle le Royaume-Uni joue le rô le de fer de lance aussi bien sur le plan militaire que diplomatique.

Des parlementaires britanniques, ayant senti un changement dans la politique libyenne du chef de gouvernement conservateur, avaient appelé à un nouveau débat aux Communes (chambre basse du parlement).

Parlementaires et acteurs de la société civile veulent éviter au Royaume-Uni de sombrer dans une controverse similaire à celle qui avait divisé le pays durant les premières années de l’invasion de l’Irak (2003).

Pour les avocats du gouvernement, la résolution 1973 n’autorise pas l’entraînement et la formation des forces de l’opposition libyenne, qui n’arrive toujours pas à prendre le dessus dans sa guerre contre les forces mieux armées du colonel Kadhafi, en dépit des frappes aériennes lancées contre ces forces par l’OTAN.

De leur coté, les officiers supérieurs de l’armée britannique ont demandé, en privé, des clarifications au sujet de la situation de leurs forces vis-à-vis du droit international, face aux pressions grandissantes d’envoyer des troupes terrestres en Libye.

Les officiers que Londres a récemment dépêchés à Benghazi, fief de l’opposition à l’est de la Libye, ont certes aidé les forces du Conseil national libyen de transition à mettre en place des moyens surs de communication avec le siège de l’OTAN à Bruxelles, mais ils sont soumis à des ordres stricts de ne pas jouer un rô le direct dans l’organisation des opérations militaires.

Par ailleurs, face à l’impasse dans laquelle le conflit libyen semble s’enliser, Cameron a sorti la carte de l’armement des révolutionnaires, au moment où son ministre de la Défense, Liam Fox, a insisté que les membres du régime libyen, y compris Kadhafi lui-même, pourraient faire l’objet de blitz de l’alliance transatlantique. Mais de telles actions se heurtent aux restrictions contenues dans la résolution 1973, qui n’autorise pas les forces occidentales à prendre part, d’une manière claire, à une guerre civile, argumentent les avocats du gouvernement britannique.

Face à ce dilemme, des officiers de l’armée de la couronne anglaise ont proposé l’entraînement des forces révolutionnaires libyennes par un pays arabe. Or, les pays de la région se montrent réticents et ne veulent pas jouer un tel rô le, estiment un officier, cité par la presse londonienne.

Parmi les autres options proposées, selon l’officier, serait d’obtenir une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Mais, à ce stade, l’Occident devra en découdre avec des pays qui s’opposent aux opérations militaires contre Kadhafi, notamment la Russie, membre disposant du droit de veto au sein du Conseil.

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