L’UE exige l’arrêt immédiat de toutes les opérations militaires en Libye (Mogherini)

L’Union européenne (UE) et ses États membres appellent les parties libyennes à “cesser immédiatement toutes les opérations militaires”, a affirmé jeudi la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, tout en exigeant des forces de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar de stopper leur offensive sur Tripoli.

Dans une déclaration au nom des 28 Etats membres de l’UE, Mme Mogherini a souligné que "l’ANL et toutes les forces qui se sont déplacées dans Tripoli ou ses environs doivent se retirer et les trêves humanitaires que réclame l’ONU doivent être respectées".

La haute représentante de l’UE a mis en garde que "l’attaque militaire lancée par l’ANL à Tripoli et l’escalade qui a suivi dans la capitale et ses environs mettent en danger les civils, y compris les migrants et les réfugiés, et déstabilisent le processus politique conduit par l’ONU, avec le risque de sérieuses conséquences pour la Libye et l’ensemble de la région, y compris une menace terroriste".

L’Union européenne rappelle aux parties au conflit qu’"elles doivent respecter le droit international, y compris le droit international humanitaire, et que ceux qui le violeront en seront tenus pour responsables", a-t-elle souligné.

Dans cette déclaration, l’Union européenne et ses États membres appellent leurs partenaires internationaux et régionaux à "exercer leur influence et à envoyer aux parties concernées le message sans équivoque qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise, mais seulement politique".

Ils expriment leur inquiétude face à "la participation d’éléments terroristes et criminels aux combats, notamment de personnes répertoriées par le Conseil de sécurité des Nations unies", tout en appelant les parties libyennes à "se dissocier de ces éléments, à la fois publiquement et sur le terrain".

De même, ils demandent instamment à toutes les parties de reprendre le dialogue politique sans tarder et de continuer à s’engager dans le processus conduit par l’ONU pour un règlement politique inclusif, en réitérant leur détermination à continuer d’appuyer les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Libye, Ghassan Salamé.

L’Union européenne et ses États membres affirment comprendre que, dans les circonstances actuelles, la Conférence nationale prévue sous l’égide de l’ONU a dû être reportée et demandent qu’elle soit convoquée dès que les circonstances le permettront.

Ils se disent prêts à en soutenir les résultats et à contribuer à "une transition pacifique dans l’intérêt de tous les Libyens et à tracer la voie vers des élections crédibles et pacifiques dans les meilleurs délais, comme convenu par les parties libyennes à Paris en mai 2018, à Palerme en novembre 2018 et à Abou Dhabi en février 2019".

L’émissaire de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé avait annoncé, mardi, le report à une date ultérieure de la conférence inter-libyenne qui devait se tenir du 14 au 16 avril à Ghadamès (ouest) en raison de la poursuite des hostilités, tandis que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a estimé mercredi soir qu’il était encore temps pour un cessez-le-feu en Libye, à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation dans ce pays.

La conférence nationale, qui doit se tenir sous l’égide de l’ONU, était appelée à dresser une "feuille de route" à même de sortir le pays du chaos et d’une crise politique et économique sans précédent, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

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