Koweït: décès de l’émir cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah (Palais royal)

L’émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, décédé mardi à l’âge de 91 ans, fut un vieux routier de la politique et un doyen de la diplomatie dans un Golfe tourmenté par plus de cinq décennies de crises et de conflits ayant impliqué son pays.

Après la mort en janvier du sultan Qabous d’Oman, c’est un autre médiateur influent qui disparaît dans une région marquée par des tensions avec l’Iran ainsi que l’inimitié entre le Qatar et plusieurs de ses voisins.

Descendant d’une famille qui a gouverné le Koweït pendant plus de 250 ans, cheikh Sabah est considéré comme l’architecte de la politique étrangère du Koweït moderne.

Il lui a fait traverser notamment la guerre Irak-Iran (1980-1988) pendant laquelle son pays était un allié de facto de Bagdad. Il a ensuite vécu la tourmente de l’invasion de son pays par les troupes de Saddam Hussein en 1990 et les crises au sein du Conseil de coopération du Golfe, dont la dernière autour du Qatar.

Cheikh Sabah s’était fait poser un stimulateur cardiaque en février 2000 avant de subir l’ablation de l’appendice deux ans plus tard, puis une opération des voies urinaires en 2007 aux Etats-Unis.

En septembre 2019, cheikh Sabah avait passé des examens médicaux après son arrivée aux Etats-Unis, entraînant le report puis l’annulation de sa rencontre avec le président américain Donal Trump.

Proche allié des Etats-Unis et relativement ouvert à l’Iran, il est apparu ces dernières années comme le “doyen de la diplomatie” dans le Golfe, se mettant en avant comme médiateur dans la dispute qui a éclaté en 2017 entre le Qatar d’une part et l’Arabie saoudite et ses alliés d’autre part à propos des liens présumés de Doha avec des groupes islamistes.

Lors du sommet arabe de La Mecque, en mai 2019, l’émir avait plaidé avec force pour une désescalade dans le Golfe sur fond de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis. “Nous devons déployer tous les efforts pour contenir la situation”, avait-il déclaré.

En interne, le riche émirat pétrolier a connu des turbulences politiques, des manifestations et des arrestations d’opposants qui avaient osé le critiquer, notamment sur les réseaux sociaux.

L’émir, considéré comme un libéral, a cherché à transformer le pays. Après une longue bataille avec le Parlement, il a obtenu en 2005 une loi donnant aux femmes le droit de vote.

Mais il a écarté la légalisation des partis politiques, officiellement interdits au Koweït. Et de nombreuses arrestations ont été opérées sous son règne, principalement d’opposants accusés de l’avoir critiqué.

Des réformes économiques et sociales ont été éclipsées par des crises à répétition impliquant le gouvernement, des personnalités de la famille régnante et le Parlement, dissous à sept reprises.

Né le 6 juin 1929, cheikh Sabah est devenu le leader de facto du Koweït plusieurs années avant son intronisation en janvier 2006, en raison des problèmes de santé de son prédécesseur, son demi-frère cheikh Jaber, et du prince héritier de l’époque, son cousin cheikh Saad, décédé en 2008.

Amateur de chasse, il avait l’habitude de passer des vacances en Mongolie.

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