Agnès Buzyn candidate pour la mairie de Paris

Le parti présidentiel français et ses alliés centristes ont trouvé dimanche en la ministre de la Santé Agnès Buzyn un successeur à Benjamin Griveaux, le candidat d’Emmanuel Macron pour le poste de maire de Paris, mis hors course après la diffusion d’une vidéo intime. 

“J’y vais pour gagner”, a annoncé à l’AFP Mme Buzyn, alors que M. Griveaux n’arrivait qu’en troisième position dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et Rachida Dati, du parti de droite Les républicains (LR).

La ministre, membre du parti présidentiel La République en Marche (LREM), va en conséquence quitter le gouvernement.

Dans le même temps, l’artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo ont été placés en garde à vue pour “atteinte à l’intimité de la vie privée” et “diffusion sans l’accord de la personne d’images à caractère sexuel” dans le cadre de l’enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d’une plainte contre X de Benjamin Griveaux, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de la capitale.

Et ce après qu’une vidéo à caractère sexuel eut été largement relayée sur les réseaux sociaux, le poussant à abandonner la course électorale.

Réfugié politique en France depuis 2017 et condamné en 2019 pour avoir incendié deux ans plus tôt une succursale de la Banque de France à Paris au cours d’une “performance artistique”, Piotr Pavlenski, 35 ans, a affirmé vendredi avoir été à l’origine de la mise en ligne de cette vidéo.

Il a assuré vouloir ainsi dénoncer l'”hypocrisie” de Benjamin Griveaux qui a selon lui “utilisé sa famille” et fait “la propagande des valeurs familiales traditionnelles”.

– Onde de choc –

Une explication que l’avocat de ce dernier, Me Richard Malka, a qualifiée samedi soir de “grotesque”, disant, à propos de cet artiste russe, avoir “rarement vu personnalité plus cynique”.

“Clairement, je ne crois pas du tout qu’il ait agi tout seul”, a-t-il ajouté sans s’avancer davantage et renvoyant à l’enquête du parquet.

Piotr Pavlenski avait été placé en garde à vue samedi dans le cadre d’un autre dossier portant sur des violences commises le soir du 31 décembre. Celle-ci a été suspendue dimanche et une seconde a commencé pour l’interroger sur l’affaire Griveaux, la durée totale de ces gardes à vue ne pouvant excéder 48 heures, c’est-à-dire aller au-delà de lundi après-midi.

Sa compagne âgée de 29 ans est pour sa part en garde à vue depuis samedi soir pour la même affaire. Selon une source proche du dossier, c’est elle qui a au départ été la destinataire des vidéos incriminées.

Le retrait de Benjamin Griveaux a provoqué une onde de choc politique, mettant le parti présidentiel face à un véritable casse-tête, celui de lui trouver dans l’urgence un remplaçant pour briguer le poste de maire de Paris aux élections municipales des 15 et 22 mars, la date-limite du 27 février pour le dépôt des listes approchant à grands pas.

Un cadre du mouvement avait souligné qu’il n’était pas possible de “se contenter d’un second couteau qui ne fasse pas l’unanimité” et que LREM cherchait un poids lourd, d’où le choix de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

La majorité présidentielle était confrontée à un autre impératif: faire vite pour éviter que l’affaire Griveaux ne vienne “parasiter tous les sujets, dont la réforme des retraites” combattue dans la rue au cours d’un conflit social exceptionnellement long cet hiver et qui arrive lundi à l’Assemblée nationale, où une nouvelle bataille épique va se jouer, a remarqué un participant aux réunions de samedi.

Car si, dans la chambre du basse du parlement, la majorité présidentielle compte défendre un système “plus solidaire”, la gauche veut torpiller un projet “injuste” avec une nuée d’amendements et la droite incarner “une troisième voie”.

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