Crise au Mali : la Royal Air Maroc mobilise ses Dreamliners

Face à l’offensive coordonnée des groupes rebelles et djihadistes au Mali, la Royal Air Maroc a déployé des avions de grande capacité pour évacuer Marocains et étrangers. Alors que la majorité des transporteurs internationaux ont déserté Bamako, le pavillon marocain maintient un pont aérien vital avec la capitale malienne.

Depuis le déclenchement d’une vaste offensive dans le nord du pays le 25 avril 2026, menée par les djihadistes d’Iyad Ag Ghali (JNIM) et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA), le Mali s’enfonce dans une crise sécuritaire majeure. Dans ce contexte de siège, Rabat a pris la décision stratégique de maintenir ses dessertes quotidiennes. Pour répondre à l’explosion de la demande de rapatriement, la RAM a substitué ses habituels Boeing 737 MAX par des appareils de type Boeing 787-8 et 787-9 Dreamliner, offrant une capacité de sièges nettement supérieure.

Cette mobilisation permet l’évacuation de nombreux ressortissants marocains, mais également de centaines d’étrangers, notamment des Européens, cherchant à fuir le pays en urgence. Casablanca est ainsi devenue le point de transit privilégié vers l’international, alors que le ministère français des Affaires étrangères a formellement conseillé à ses citoyens de quitter le territoire malien par les derniers vols commerciaux disponibles.

Le retrait des compagnies aériennes internationales a transformé le ciel malien en désert aéronautique. Des compagnies notables telles que Corsair (depuis Paris-Orly) et Air Côte d’Ivoire (depuis Abidjan) ont suspendu leurs opérations. À ce jour, seuls trois transporteurs maintiennent une présence à l’aéroport de Bamako-Modibo Keïta : Royal Air Maroc depuis Casablanca, Ethiopian Airlines depuis Addis-Abeba et ASKY Airlines depuis Conakry.

Cet engagement de la RAM illustre une nouvelle fois la doctrine de « solidarité continentale » chère au Royaume. Cette politique rappelle l’épisode de l’épidémie d’Ebola, durant lequel le transporteur marocain avait été l’un des seuls à ne pas rompre ses liaisons avec les pays touchés. En pleine crise sécuritaire, la pérennité de ce pont aérien stratégique souligne le rôle du Maroc comme pivot logistique et diplomatique indispensable en Afrique de l’Ouest.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite