Congo: les socialistes français jugent “non crédible” la victoire annoncée de Denis Sassou Nguesso

Le Parti socialiste au pouvoir en France a jugé samedi "non crédible" la réélection au premier tour du président congolais sortant, Denis Sassou Nguesso, annoncée jeudi par une commission électorale qu’il juge "notoirement partiale".

"Le Parti socialiste dénonce l’absence de transparence de tout le processus électoral. Il dénonce également les coupures de toutes les communications avec l’extérieur du pays imposées pendant la fin de semaine du vote. De même, il condamne l’agression dont ont été victimes les envoyés spéciaux de l’Agence France-Presse et du quotidien Le Monde après leur entretien avec un candidat de l’opposition", écrit dans un communiqué la direction de la formation du président François Hollande.

"Depuis des mois, le président congolais a placé son pays sous un régime d’état d’urgence de fait, dont la seule justification a été d’entraver la libre circulation et la libre expression des opposants politiques", accuse le PS.

"Dans de telles conditions, le Parti socialiste juge non crédible le résultat annoncé par une commission électorale notoirement partiale" et "demande instamment aux organisations internationales, particulièrement à l’Union africaine et à l’Union européenne de se saisir immédiatement de la question afin de prévenir une crise majeure pour la région".

"On a l’impression que si on avait été membre de l’Internationale socialiste, on aurait probablement eu droit à l’indulgence de M. Braud, qui de toute façon, n’engage que lui-même", a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Moungalla, en faisant référence au signataire du texte du PS, Maurice Braud, secrétaire national du PS à l’International.

Les autorités congolaises ont annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi la victoire de M. Sassou Nguesso au premier tour de l’élection présidentielle du 20 mars, avec plus de 60% des voix. Il a devancé deux candidats de l’opposition, Guy-Brice Parfait Kolélas (15,05%) et le général Jean-Marie Michel Mokoko (13,89%) qui ont dénoncé un scrutin selon eux entaché de fraudes.

Les autorités avaient décidé de couper toutes télécommunications (SMS, internet et téléphone) la veille du scrutin pour des raisons de "sûreté nationale" afin d’empêcher l’opposition de commettre une "illégalité" en publiant elle-même les résultats de l’élection.

Jugeant que les conditions d’un scrutin transparent et démocratique n’étaient pas réunies, l’UE avait renoncé à missionner des observateurs.

Mardi, la France avait dénoncé le "contexte préoccupant" dans lequel s’est déroulée, selon elle, l’élection présidentielle au Congo, où les communications ont été coupées, en soulignant son attachement à la "transparence" et l’"équité" du scrutin dans son ancienne colonie.

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