Centrafrique: l’archevêque et l’imam de Bangui demandent l’envoi “de toute urgence” de Casques bleus.

L’armée française, au lendemain d’une nouvelle journée de chaos sanglant à Bangui, a sécurisé jeudi deux quartiers de la capitale centrafricaine, alors que l’archevêque et l’imam de la ville ont demandé l’envoi “de toute urgence” de Casques bleus.

Dans une tribune publiée par le quotidien français Le Monde daté de vendredi, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et l’imam Omar Kobine Layama ont appelé l’ONU à déployer "de toute urgence" une force de maintien de la paix.

Les "progrès réalisés" depuis le déploiement des 1.600 soldats français début décembre, en soutien aux 4.000 de la Misca, sont "fragiles, et les troupes ne sauraient porter ce fardeau à elles seules", selon les deux hommes, qui ne cessent d’appeler à la réconciliation depuis des mois.

La Centrafrique "reste au bord d’une guerre aux aspects religieux", et "nous craignons que faute d’une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres", ont-ils prévenu de nouveau.

Jeudi soir, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a appelé les autorités centrafricaines à tout faire pour immédiatement mettre fin aux violences et à l’usage de la torture. "Ces combats sectaires continus ne font qu’aggraver les blessures du pays et rendre la réconciliation plus difficile", a-t-il insisté.

Les soldats français et les troupes de la Misca peinent à éteindre l’incendie qui continue de couver, dans une ville minée par les haines confessionnelles. Beaucoup de chrétiens, victimes pendant des mois des exactions des Séléka, ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés.

La tâche des Français est rendue plus compliquée encore par l’attitude et les ambiguïtés de son allié tchadien, puissance régionale traditionnellement très influente en Centrafrique, et partenaire incontournable de Paris pour rétablir la sécurité dans le pays.

Avec 850 hommes, aguerris et bien équipés, le contingent tchadien est omniprésent à Bangui. Il y joue le rôle de protecteur de la minorité musulmane, mais également du pouvoir du président (et ex-chef rebelle) Michel Djotodia.

Mais les Tchadiens sont accusés de soutenir les ex-rebelles Séléka -dont certains sont originaires du Tchad- et ont été impliqués récemment dans plusieurs incidents, notamment des tirs fratricides contre les soldats burundais de la Misca.

Ces violences ont provoqué d’importants déplacements de population dans tout le pays, selon l’ONU. Près de 710.000 déplacés ont été comptabilisés sur tout le territoire, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Mais d’après un porte-parole du HCR à Genève, Adrian Edwards ces chiffres sont désormais en-dessous de la réalité car "il y a définitivement une détérioration de la situation".

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