“Brexit”: la tension monte, toujours pas d’accord à Bruxelles

Après 24 heures d’intenses tractations sans avancée significative, les dirigeants européens bataillaient toujours vendredi avec David Cameron pour éloigner le spectre d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE.
“Les négociations vont se poursuivre dans la soirée”, a twitté le Premier ministre britannique en fin d’après-midi.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 devraient se retrouver pour un "English Dinner" –selon un tweet du porte-parole du président du conseil européen Donald Tusk– censé sceller le compromis qui met l’Europe sous tension.

D’abord annoncé comme "English Breakfast", la réunion est devenue au fil de la journée et des négociations un "brunch", puis un "lunch" pour finir -peut-être ?- par un dîner.

Avant ce rendez-vous, de multiples tête-à-tête et consultations entre dirigeants se sont succédé toute la journée.

"Un éventail de problèmes est encore en jeu", a confié en fin d’après-midi un responsable gouvernemental britannique.

David Cameron a enchaîné les rencontres avec notamment M. Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, afin d’aplanir les divergences sur ses demandes de réformes, certaines controversées.

"Nous avons fait quelques progrès, mais il n’y a toujours pas d’accord", avait déclaré M. Cameron en début de journée.

"Je ne conclurai un accord que si nous obtenons ce dont la Grande-Bretagne a besoin", avait martelé le dirigeant conservateur. Il veut arracher un accord des chefs d’Etat et de gouvernement européens qui lui permettrait d’organiser dès juin le référendum promis sur le maintien ou non de son pays dans l’UE.

A Bruxelles il a cultivé l’image d’un dirigeant pugnace face à ses partenaires continentaux, déterminé à faire mentir la presse britannique qui l’annonce déjà perdant.

Mais d’autres responsables européens semblaient eux aussi jouer une partition à l’adresse de leur opinion publique, tout en s’efforçant d’empêcher un "Brexit", la sortie "catastrophique" du Royaume-Uni de l’Union.

La Grèce a menacé de bloquer un accord avec M. Cameron si ses partenaires européens venaient à fermer leurs frontières avant la date du prochain sommet UE-Turquie consacré à la crise migratoire, prévu début mars.

L’arrivée de plus d’un million de réfugiés et de migrants en Europe l’année dernière a fait réagir certains pays de l’Europe centrale qui ont imposé des restrictions sur leurs frontières, jugeant Athènes incapable de gérer le flot.

"Pas de deuxième chance"

"Le message est très clair. Il n’y aura pas de deuxième chance, c’est maintenant ou jamais", a lancé le Premier ministre belge Charles Michel.

La Belgique se pose en rempart, avec la France et le Luxembourg, contre les exigences de M. Cameron d’avoir un droit de regard sur le renforcement de la zone euro, à laquelle Londres n’appartient pas.

Même si les électeurs britanniques restent partagés, la perspective d’un "Brexit" fait trembler l’Union, déjà ébranlée par une crise migratoire sans précédent depuis 1945.

"Bien sûr, le diable se cache dans les détails. Nous devons négocier sur des questions en suspens comme les aides sociales au travail, le frein d’urgence" proposé pour que Londres puisse suspendre leur paiement, "et quel en serait le cadre temporel", a souligné le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

La mesure est très sensible pour les pays d’Europe de l’Est et centrale qui la jugent contraire aux intérêts des centaines de milliers de leurs ressortissants installés outre-Manche.

"Pour les résultats de ces négociations il faut encore attendre: toutes les parties doivent calculer ce que chaque proposition signifie pour elles, en particulier pour la Grande-Bretagne", a commenté un dirigeant polonais.

Jeudi soir, M. Cameron avait réclamé devant ses 27 pairs un "accord crédible (…) qui soit assez fort pour persuader les Britanniques" de soutenir l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.

L’occasion se présente de régler le problème des relations entre Londres et le continent "pour une génération", a fait valoir le Premier ministre, confronté à un puissant courant eurosceptique au sein même de son parti conservateur.

Sur l’autre question brûlante, la crise migratoire, qui divise les 28 et à laquelle ils ont consacré plus de six heures de débats jeudi soir, les Européens ont exigé de la Turquie des "efforts supplémentaires, résolus" pour combattre les passeurs et endiguer les flux, conformément à un accord signé fin novembre avec Ankara.

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