Algérie: l'”indécence” de Pamela Anderson fait fermer une salle de cinéma

Le ministre algérien de la Culture a demandé la fermeture d’une salle de cinéma après la diffusion du film “Borat”, rapporte franceinfo.

Pamela Anderson n’est pas vraiment la bienvenue dans les salles de cinéma algériennes. Selon des informations rapportées par franceinfo mercredi, en raison de sa présence à l’écran dans le film Borat, sorti initialement en 2006, le ministre algérien de la Culture a fait fermer la salle de cinéma Mohamed Zinet à Alger et ce pendant un mois. Le journal arabophone conservateur El Bilad a déploré dans un de ses articles la diffusion du film de Larry Charles le 18 mai dernier, en plein ramadan, un vendredi qui plus est. Et a vivement critiqué "l’actrice porno américaine".

En guise d’explication à cette fermeture surprise, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, évoque tout d’abord auprès du site Alg24 que la salle de cinéma en question projette des films piratés, ce qui constitue une infraction entraînant fermeture, avant de parler de "scènes indécentes" du film dans lequel joue Pamela Anderson. La décision des autorités a toutefois provoqué un tollé en Algérie. Sofia Djama, réalisatrice primée à la Mostra de Venise en 2017, a ainsi posté une lettre sur son compte Facebook destinée au ministre algérien et remettant en cause les explications de celui-ci.

Accusations de censure

"Vous avez en effet l’argument de la légalité et le respect des droits de diffusion", écrit-elle en référence aux films piratés mais diffusés par la salle Mohamed Zinet. Avant de laisser parler sa colère : "Vous y ajoutez un commentaire inutile pour nous, mais audible pour les conservateurs et les islamistes, vous osez invoquer l’indécence de certaines scènes en ce sacré mois de Ramdhan pour justifier la fermeture, ça c’est vulgaire et indécent puisque vous pouviez vous contenter de la loi".

Le site Algeriemondeinfos accuse de son côté Azzedine Mihoubi de céder à la pression des conservateurs du journal El Bilad. Il affirme que le ministre encourage, par cette fermeture "la censure seulement pour satisfaire les élucubrations d’un islamiste à l’esprit mal tourné", en référence à l’auteur de l’article publié par le journal arabophone. Et de préciser que cette décision est, à ses yeux, "injustifiée d’autant que la télévision publique algérienne a diffusé par le passé une série dans laquelle l’actrice américano-canadienne avait le premier rôle".
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