Accord sur de nouvelles règles d’indemnisation de chômeurs en France

A l’issue d’une négociation marathon achevée dans la nuit de vendredi à samedi, patronat et syndicats sont laborieusement parvenus à un accord sur de nouvelles règles d’indemnisation pour 2,2 millions de chômeurs, qui bénéficieront notamment dès le 1er juillet d’un système de “droits rechargeables”.

Le texte présenté par le patronat a recueilli un premier avis positif de trois syndicats (CFDT, FO, CFTC). La CGT et de la CFE-CGC s’y sont opposés.

Les syndicats doivent désormais consulter leurs instances dirigeantes avant de signer officiellement cette nouvelle convention, qui devra aussi être agréée par l’Etat.

D’un côté, le projet d’accord prévoit de nouveaux droits pour les chômeurs, à commencer par la mise en oeuvre "des droits rechargeables". Ce dispositif leur permettra de conserver l’ensemble de leurs droits à indemnisation en cas de reprise d’emploi, alors qu’ils les perdent aujourd’hui en partie.

Selon Stéphane Lardy de FO, "entre 250 et 300.000 personnes vont ainsi voir leur durée d’indemnisation allongée".

"On a évité le pire" après cette "négociation croquignolesque", a-t-il estimé, soulignant que les syndicats avaient obtenu le maintien des régimes spécifiques des intermittents du spectacle et des intérimaires, dont le patronat (Medef, CGPME, UPA) demandait la tête.

Les droits rechargeables "toucheront potentiellement des millions de gens" et "permettront de mieux prendre en compte la précarisation du marché du travail", s’est quant à elle félicitée Véronique Descacq, de la CFDT.

De l’autre côté, cette nouvelle convention prévoit 400 millions d’euros d’économies, autant d’efforts demandés aux demandeurs d’emploi indemnisés car le patronat a obtenu que les cotisations des entreprises restent inchangées.

Pour le Medef, qui a été obligé de revoir à la baisse ses velléités d’économies, "il ne s’agit que d’un premier pas vers une réforme encore à construire" pour "permettre un retour à l’équilibre du régime".

En raison de l’explosion du chômage (3,31 millions de demandeurs d’emploi sans activité fin janvier), le déficit de l’Unédic a atteint 4 milliards d’euros fin 2013.

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