Viols présumés d’enfants en Centrafrique : le lanceur d’alerte réintégré à l’ONU

Un tribunal interne à l’ONU a ordonné la réintégration du travailleur humanitaire suédois Anders Kompass, qui avait été suspendu par l’ONU pour avoir transmis à la France le rapport révélant les accusations de viols d’enfants par des soldats français en Centrafrique en 2014. Le jugement du Tribunal du contentieux administratif des Nations unies a été rendu mardi. Anders Kompass "a donc repris du service", a déclaré mercredi une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

Le cadre suédois continue malgré tout de faire l’objet d’une enquête interne de l’ONU qui l’accuse d’avoir transmis un document confidentiel, sans même avoir pris la précaution d’enlever les noms des victimes présumées, et d’avoir court-circuité ses supérieurs. Mais le Tribunal du contentieux administratif de l’ONU a estimé que le fait qu’Anders Kompass soit réintégré à son poste n’allait pas nuire à l’enquête.

Anders Kompass, directeur des opérations du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, avait été placé en congé administratif avec plein salaire le 17 avril pour avoir transmis à l’été 2014 ce rapport confidentiel à la France. Ces témoignages ont été recueillis par des personnels de l’ONU déployés en Centrafrique. Ils "retracent des faits qui auraient été commis sur une dizaine d’enfants, sur le site de l’aéroport de M’Poko (à Bangui), entre décembre 2013 et juin 2014", selon le ministère de la Défense français. Ces accusations ont justifié l’ouverture d’une enquête préliminaire en juillet 2014 à Paris, restée secrète jusqu’à ce qu’un article du quotidien britannique The Guardian révèle l’affaire fin avril.

Prié de démissionner

D’après le jugement du Tribunal du contentieux administratif des Nations unies, que l’AFP a pu consulter, Anders Kompass dit avoir reçu à la mi-juillet une copie du rapport de l’ONU. Il dit en avoir parlé le 23 juillet avec un représentant de la mission française auprès de l’ONU à Genève. Il affirme en avoir informé peu après le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme à Genève et avoir transmis une copie du rapport aux autorités françaises le 7 août. Mais l’ONU réfute cette version des faits.

Toujours d’après le jugement, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme assure que ce n’est que le 6 mars 2015 qu’il a été informé qu’Anders Kompass avait fait fuiter le rapport.

Une chose semble sûre : le 12 mars, Anders Kompass a été prié de démissionner. Ce à quoi il s’est opposé. Le 17 avril, l’ONU l’a suspendu et, le 29 avril, Anders Kompass a demandé l’annulation de cette suspension.

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