Le baril dépasse les 107 dollars, plus haut niveau depuis mai

L’extension du conflit au Moyen-Orient vers la mer Rouge et les perturbations persistantes du trafic dans le détroit d’Ormuz ont provoqué jeudi une nouvelle flambée des cours du pétrole, avec des répercussions directes sur les prix à la pompe aux États-Unis et en France.

Une flambée des cours entretenue par une double escalade

L’impasse au Moyen-Orient, l’extension du conflit vers la mer Rouge et les perturbations continues du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont provoqué jeudi 10 septembre une nouvelle hausse des cours du pétrole, qui semblent s’installer durablement au-dessus de 100 dollars le baril. Le baril de Brent, référence internationale, a clôturé jeudi à 107,63 dollars, en hausse de 6,34% par rapport à la veille et de plus de 20% depuis la reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis le 30 août. La référence américaine, le WTI, a terminé à 102,48 dollars, en hausse de 6,69% sur la séance. Il s’agit du plus haut niveau atteint depuis le mois de mai, juste avant une accalmie au Moyen-Orient et la signature, en juin, d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis visant à mettre fin au conflit.

Une escalade militaire autour du détroit d’Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, la force armée d’élite iranienne, ont affirmé jeudi avoir visé un drone marin américain dans le détroit d’Ormuz. La veille, l’Iran avait pris pour cible une vingtaine de navires en réaction à des frappes américaines. Selon Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management, le marché réévalue à la fois « l’escalade immédiate » et la durée du risque géopolitique. Le flux de pétrole sortant du détroit d’Ormuz a été estimé mercredi par le secrétaire américain à l’Énergie à près de 11 millions de barils par jour, un chiffre contesté par certains analystes : Jorge Leon, de Rystad Energy, évoque un débit tombé à environ 1,5 million de barils par jour ces derniers jours, contre 8 millions fin août.

La progression houthie en mer Rouge aggrave les inquiétudes

Les inquiétudes des marchés se sont renforcées jeudi après l’annonce de la prise de contrôle de la ville de Mokha, sur la mer Rouge, par les rebelles houthis, une percée dans leur progression vers le détroit stratégique de Bab al-Mandab. Ce passage reliant l’Asie à l’Europe a gagné en importance pour le commerce pétrolier depuis le verrouillage du détroit d’Ormuz. Les Houthis perturbent déjà la navigation dans la zone et ont visé des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, contre laquelle ils ont annoncé un blocus maritime en juillet. La production saoudienne de pétrole a légèrement baissé en août, selon le rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole publié jeudi.

Des prix à la pompe qui atteignent des records

Aux États-Unis, le prix du diesel a battu record sur record ces derniers jours, s’établissant en moyenne à environ 5,98 dollars le gallon jeudi, selon l’Association automobile américaine. L’Agence américaine d’information sur l’énergie a averti que la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains mois, les stocks de diesel étant à un niveau bas. En France, le prix du gazole avoisine les 2,30 euros le litre, un niveau déjà dépassé en avril, selon un calcul de l’AFP à partir de données gouvernementales.

Un enjeu électoral pour Donald Trump

Cette flambée des prix à la pompe est particulièrement mal perçue aux États-Unis, où le pouvoir d’achat constitue un enjeu central des élections législatives de mi-mandat de novembre. Le président américain, Donald Trump, a affirmé mercredi que l’Iran cherchait « désespérément à peser sur l’élection », tout en assurant que le conflit s’arrêterait immédiatement après le scrutin, les autorités iraniennes ne pouvant, selon lui, pas tenir plus longtemps.

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