Présidentielle au Brésil : Coup d’envoi officiel de la campagne pour le duel entre Lula et Flávio Bolsonaro
La campagne présidentielle brésilienne s’est ouverte officiellement ce dimanche 16 août 2026 dans un climat de forte polarisation. Le président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, brigue un quatrième mandat face au sénateur Flávio Bolsonaro, 45 ans, qui reprend le flambeau politique de son père Jair Bolsonaro pour le scrutin prévu en octobre.
Deux bastions symboliques pour lancer les hostilités
La première économie d’Amérique latine est officiellement entrée dans l’arène électorale. Le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra le 4 octobre, avant un éventuel second tour programmé le 25 octobre.
Pour marquer le coup d’envoi de sa candidature, Luiz Inácio Lula da Silva s’est rendu à São Bernardo do Campo, dans la ceinture industrielle de São Paulo. C’est dans ce berceau syndical que l’ancien métallo avait mené les grandes grèves de la fin des années 1970. Il entend y valoriser son bilan social et réactiver sa base ouvrière.
De son côté, Flávio Bolsonaro a choisi la plage emblématique de Copacabana, à Rio de Janeiro, pour rassembler ses partisans. Le sénateur revendique l’héritage de Jair Bolsonaro — actuellement assigné à résidence — en misant sur une ligne dure contre la criminalité, la baisse des dépenses publiques et les valeurs conservatrices.
Un coude-à-coude serré dans les enquêtes d’opinion
Selon le dernier sondage de l’institut Quaest, Lula arrive en tête des intentions de vote au premier tour avec 38%, contre 31% pour Flávio Bolsonaro. Les autres prétendants, dont Ronaldo Caiado, Romeu Zema et Renan Santos, peinent pour l’heure à briser ce bipartisme de fait.
Dans l’hypothèse d’un second tour, l’écart se resserre nettement : Lula recueille 43% contre 40% pour Flávio Bolsonaro, une avance qui se situe dans la marge d’erreur statistique et promet une issue disputée.
Affaires judiciaires et interférences internationales
La course s’annonce d’autant plus tendue que des affaires judiciaires planent sur les deux états-majors. La police fédérale enquête sur des soupçons de trafic d’influence visant le fils aîné de Lula, tandis que le camp bolsonariste fait face à des investigations sur le financement occulte d’un film biographique.
Le scrutin subit également l’influence des relations internationales, notamment les droits de douane et les déclarations de Donald Trump en faveur du camp conservateur. Lula a fait de la préservation de la souveraineté nationale et de la résistance aux pressions extérieures un axe central de son discours.
