Opération d’évacuation du MV Hondius : lutte contre l’hantavirus aux Canaries

Dimanche matin, une vaste opération d’évacuation et de rapatriement a été lancée pour les passagers et membres d’équipage du navire de croisière MV Hondius, touché par un foyer d’hantavirus. Cette initiative se déroule au port de Granadilla de Abona, dans le sud de l’île espagnole de Tenerife, au sein de l’archipel des Canaries.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé six cas d’hantavirus parmi huit cas suspects, dont trois décès. Cette maladie virale rare peut provoquer un syndrome respiratoire aigu et ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifique. Face à cette situation alarmante, le ministère espagnol de la Santé a annoncé, via un message sur Telegram, le début du débarquement des passagers et d’un membre d’équipage espagnol.

Des équipes médicales étaient présentes à bord dès l’arrivée du navire pour procéder à des examens des occupants. La ministre de la Santé, Mónica García, a précisé que les personnes examinées étaient “asymptomatiques”. Les passagers sont transférés par petits groupes vers la terre ferme avant d’être dirigés, sous un strict protocole sanitaire, vers l’aéroport de Tenerife-Sud pour leur rapatriement.

Les premiers vols concernent principalement les ressortissants espagnols, qui seront placés en quarantaine dans un hôpital militaire à Madrid. Les autres passagers, venant de divers pays tels que les Pays-Bas, le Canada, la Turquie, la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, les États-Unis et l’Australie, seront également rapatriés.

Les autorités espagnoles ont assuré qu’aucun contact ne serait établi avec la population locale pendant l’opération. Une zone maritime d’exclusion temporaire a été mise en place autour du navire, et les déplacements terrestres des passagers se font dans un circuit isolé. Une partie de l’équipage devra rester à bord du MV Hondius, qui poursuivra ensuite sa route vers les Pays-Bas, pays d’immatriculation de la croisière.

Trois personnes avaient déjà été évacuées en milieu de semaine vers le Cap-Vert avant d’être transférées en Europe à bord d’avions médicalisés. L’OMS a déclaré que l’ensemble des passagers du navire, qui avait quitté Ushuaïa en Argentine le 1er avril, sont considérés comme des “contacts à haut risque” et seront soumis à une surveillance sanitaire pendant 42 jours.

L’arrivée du navire aux Canaries a suscité des inquiétudes au sein de la population locale, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid-19. Présent à Tenerife samedi soir, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé sa compréhension face à l’inquiétude des habitants, tout en affirmant que le risque pour la population locale “reste faible”.

L’hantavirus se transmet généralement par contact avec des rongeurs infectés, notamment à travers leur urine, leurs excréments ou leur salive. Cependant, des experts ont confirmé que la souche détectée à bord du navire, connue sous le nom d’“hantavirus Andes”, pourrait se transmettre d’homme à homme, avec une période d’incubation allant jusqu’à six semaines.

Les autorités sanitaires de plusieurs pays poursuivent les opérations de traçage et d’identification des cas contacts afin de limiter toute propagation du virus.

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