CAN 2025 : Les bookmakers valident les paris sur le Maroc après la décision de la CAF.
La décision du jury d’appel de la CAF de déclarer le Maroc vainqueur de la CAN 2025 a provoqué un bouleversement sans précédent chez les opérateurs de paris sportifs mondiaux. Pour préserver leur image, plusieurs géants du secteur ont choisi d’honorer les mises sur le Maroc tout en conservant les gains déjà versés aux parieurs du Sénégal.
Le secteur des paris sportifs fait face à une situation financière et réglementaire inédite depuis le 17 mars 2026. Suite à l’officialisation du titre de champion d’Afrique accordé au Maroc sur tapis vert (victoire 3-0 par forfait du Sénégal), les principaux opérateurs internationaux ont dû trancher sur le sort des milliers de tickets enregistrés lors de la finale de janvier dernier.
Des leaders du marché tels que Betclic, Sky Bet, Paddy Power et Betfair ont annoncé le paiement intégral des paris portant sur la victoire finale du Maroc. Cette mesure concerne aussi bien les paris « Vainqueur de la compétition » que les mises spécifiques sur la « Victoire en finale ». Chez l’opérateur Betclic, ce geste commercial concerne plus de 25 000 joueurs, incluant la validation de cotes s’élevant parfois à 5.00 pour le sacre final des Lions de l’Atlas.
Ce revirement crée un scénario de « double paiement » extrêmement rare dans l’industrie. En temps normal, les règlements des bookmakers stipulent que le résultat proclamé sur le terrain au coup de sifflet final fait foi. Cependant, face au caractère exceptionnel de la décision de la CAF, la majorité des opérateurs a choisi de ne pas réclamer les gains déjà versés aux parieurs ayant misé sur le Sénégal en janvier, tout en payant désormais ceux ayant misé sur le Maroc.
L’impact financier est massif pour les agences de paris qui doivent absorber des pertes sèches pour maintenir la confiance de leur clientèle. Si des acteurs comme la FDJ United (Unibet, Parions Sport) ont emboîté le pas, d’autres opérateurs, notamment en Afrique centrale, observent un silence prudent. Ce flou réglementaire met en lumière les limites des conditions générales d’utilisation (CGU) face à des décisions administratives sportives rétroactives intervenant deux mois après l’événement.
À ce jour, le secteur reste suspendu au recours déposé par la Fédération Sénégalaise de Football devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Une nouvelle infirmation du résultat pourrait plonger les plateformes de paris dans un imbroglio juridique encore plus complexe, alors que les montants déjà redistribués se chiffrent en millions d’euros à l’échelle continentale et européenne.
