Ces mesures susceptibles d’être mises en œuvre « rapidement » par les gouvernements, les entreprises et les ménages, concernent principalement le transport routier, qui représente environ 45 % de la demande mondiale de pétrole, mais aussi l’aviation, la cuisson et l’industrie, précise l’agence de l’OCDE chargée d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en énergie.
Parmi les mesures préconisées, figurent notamment le recours autant que possible au télétravail qui « permet de réduire la consommation de pétrole liée aux déplacements domicile-travail, notamment pour les emplois compatibles avec le télétravail », l’abaissement des limitations de vitesse sur autoroute d’au moins 10 km/h ou encore l’utilisation davantage des transports en commun.
L’AIE suggère également d’alterner la circulation des voitures particulières sur les routes des grandes villes selon les jours, pour réduire les embouteillages et la consommation excessive de carburant, de développer le covoiturage et d’adopter une conduite écoresponsable. Elle recommande aussi d’éviter le recours au GPL pour les transports et les voyages en avion lorsque des alternatives existent, plaidant en particulier pour une réduction des voyages d’affaires qui pourrait « rapidement alléger la pression sur les marchés du carburant aérien ». Aux ménages, l’organisation conseille de cuisiner à l’électricité plutôt qu’au gaz quand cela est possible, tout en encourageant l’industrie à optimiser sa consommation d’hydrocarbures.
L’agence estime que l’adoption à grande échelle de ces actions, lorsque cela est possible, amplifierait « leur impact mondial et contribuerait à atténuer le choc », causé par le blocage du détroit d’Ormuz et la guerre au Moyen-Orient de manière plus générale.
Ces mesures « ont fait la preuve de leur efficacité dans différents contextes », a souligné le directeur exécutif de l’organisation, Fatih Birol, en présentation du plan, mettant en garde qu' »en l’absence d’une résolution rapide » de la crise au Moyen-Orient, « les impacts sur les marchés de l’énergie et sur les économies sont prêts à devenir de plus en plus sévères ».
Les 32 pays membres de l’AIE avaient décidé auparavant le déstockage de 400 millions de barils de pétrole pour amortir la flambée des prix née de la guerre au Moyen-Orient. Il s’agit du plus important déblocage jamais décidé par l’institution, créée il y a plus de 50 ans. Mais pour l’agence, les mesures agissant sur l’offre « ne suffisent pas à compenser l’ampleur des perturbations ».
« Agir sur la demande est un outil crucial et immédiat pour réduire la pression sur les consommateurs en améliorant l’accessibilité financière et en renforçant la sécurité énergétique », insiste l’AIE qui reste, néanmoins, convaincue, que la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal 20% de la consommation mondiale de pétrole, demeure « essentielle » à la stabilisation des marchés mondiaux de l’énergie.
